A 23 Pas du Mystère (23 Paces to Baker Street)

A 23 Pas du Mystère (23 Paces to Baker Street)

Synopsis : Philip Hannon, dramaturge aveugle américain installé à Londres, surprend dans un pub une conversation entre un homme et une femme où il semble être question d’un projet d’enlèvement. La Police londonienne restant sceptique quant à ses dires, il décide d’enquêter avec l’aide de son ex-fiancée et son majordome.

Critique : 1956. Nigel Balchin ( Barabbas, Cléopâtre…) adapte le roman de Philip MacDonald La Nurse qui Disparut (Warrant for X) pour le compte de la Twenty Century Fox. Henry Hathaway (Le Carrefour de la Mort, Appelez Nord 777, Le Grand Sam…)  est chargé d’en assurer la réalisation. Pour les rôles principaux, il s’entoure de Van Johnson ayant déjà tourné avec des réalisateurs prestigieux tels Richard Thorpe (Frisson d’Amour), Frank Capra (L’Enjeu), Edward Dmytryk (Ouragan sur le Caine), Vincente Minelli (Brigadoon) et déjà Henry Hathaway avec Le Fond de la Bouteille, de Vera Miles (Le faux Coupable, Psychose…) et du vétéran Cecil Parker (Les Amants du Capricorne…).

Dès les premières images, une évidence saute aux yeux : on se croirait devant un film signé Hitchcock tant les similitudes entre certaines de ses œuvres et A 23 Pas du Mystères sont nombreuses. Deux ans auparavant, il mettait en scène un homme bloqué dans son appartement suite à une infirmité passagère (une jambe cassée) dans Fenêtre sur Cour alors que Hathaway bloque lui aussi son personnage dans son appartement à cause d’une infirmité (cécité). Dans les deux films, cette infirmité oblige notre héros à déléguer certaines de ses actions à une tierce personne, valide. La fiancée de James Stewart, Grace Kelly, d’un côté et de l’autre l’ex-fiancée de Van Johnson, Vera Miles (que l’on retrouvera à deux reprises devant la caméra du Maître) mais aussi son majordome, Cecil Parker, ayant lui aussi tourné sous la direction d’Hitchcock. On retrouve également ce suspense, cette tension qui fait tout le sel de l’oeuvre de Hitchcock dans le film de Hathaway comme dans la scène de la cabine téléphonique, de l’immeuble en partie démoli où une des obsessions du Maître est convoquée (la chute) sans parler du combat final dans l’appartement.

Mais Hitchcock n’est pas le seul à être cité et il faut se tourner vers la littérature et le titre original du film, 23 Paces to Baker Street, pour le découvrir. Il s’agit bien évidemment du célèbre Sherlock Holmes et son associé le docteur Watson remplacé ici par Bob Matthews le majordome toujours témoin des déductions de son apprenti détective d’employeur et occasionnellement chargé de la basse besogne. Et puis, l’appartement de notre héros n’est-il pas situé à 23 pas de Baker Street, adresse de Sherlock Holmes.

Pour ce qui est de la réalisation, c’est évidemment du grand art. Aucun temps mort dans l’enchaînement des diverses situations, une utilisation du CinémaScope de toute beauté (mais le contraire eut été étonnant de la part d’un réalisateur habitué des grands espaces) que ce soit en ville, encore blessée par la guerre, ou dans l’appartement richement mis en valeur, direction d’acteurs parfaite.

Côté casting, Van Johnson laisse éclater tout son talent en interprétant de manière crédible un homme aigri de tout suite à la perte soudaine de la vue et qui semble retrouver goût à la vie en se mettant en danger dans une enquête criminelle. Son personnage est crédible. Vera Miles est touchante dans le rôle de l’ex-fiancée abandonnée mais qui se refuse à laisser seul l’homme qu’elle aime alors que Cecil Parker, tout en flegme britannique, aborde une dose d’humour bienvenue.

Par contre, je n’ai pas retrouvé les ingrédients qui normalement composent un Film Noir comme la figure de la femme fatale ou le destin s’acharnant sur l’un ou l’autre des protagonistes. J’ai plus eu l’impression de voir un film à énigmes mâtiné de suspense. Mis à part cette réflexion, A 23 pas du Mystère est un film hautement recommandable grâce à une interprétation sans faille et une réalisation au cordeau, se démarquant des autres films du coffret par son utilisation du CinemaScope et la couleur (les autres films étant en noir et blanc).

Edition dvd :

Très belle copie proposée par Sidonis Calysta agrémentée d’une bande-son sans problème particulier.

En bonus, un documentaire sur le Film Noir et des présentations de François Guérif et Patrick Brion.

A 23 Pas du Mystère est disponible en dvd ici

Fiche technique :

  • Réalisation : Henry Hathaway
  • Scénario : Nigel Balchin
  • Montage : James B. Clark
  • Musique : Leigh Harline
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Genre : Film Noir
  • Durée : 103 mn

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :