Adieu, Ma Belle (Murder My Sweet)

Adieu, Ma Belle (Murder My Sweet)

Synopsis : Le détective Philip Marlowe accepte, pour le compte de Moose Malloy, une brute épaisse, de retrouver une certaine Velma dont il s’est entiché. Il est engagé dans le même temps par Lindsay Marriott pour lui servir de garde du corps lors d’une transaction. Ce dernier est tué et Marlowe, menant les deux enquêtes de front, se retrouve au centre d’une machination faite de chantages, de tromperies et de faux semblants.

Critique : Adieu, Ma Belle est la seconde adaptation du roman de Raymond Chandler, Farewell, My Lovely, ayant pour héros Philip Marlowe. Il s’agit du deuxième roman avec le célèbre détective. Ce sera également le premier film le mettant en scène. réalisé en 1944 par Edward Dmytryk, cette année marque également les débuts des ennuis du réalisateur avec la Commission des Activités Anti-Américaines, à ne pas confondre avec les investigations menées par Joseph McCarthy, mais ayant pour but la lutte anti-communiste sur le territoire américain. Il sera d’ailleurs condamné et amené à dénoncer certains de ses collaborateurs et amis, décision qui ne lui sera jamais pardonnée par l’opinion publique et dans le milieu du cinéma;

Il est intéressant de constater que le titre du roman a été abandonné pour ce film. En effet, le studio RKO craignait que Farewell, My Lovely ne fasse trop comédie musicale et puisse induire en erreur le public sur le contenu du film. D’autant plus que Dick Powell, l’acteur principal, avait déjà œuvré dans ce genre cinématographique. Ils adopteront donc Murder, My Sweet.

Seconde adaptation, donc, mais également la plus fidèle au roman, tant au niveau de l’intrigue que de la description du héros, plus humain, plus « faible » et d’autant plus attachant. On est loin du Philip Marlowe incarné par Humphrey Bogart ou Robert Mitchum beaucoup plus dur et « indestructible » qu’à l’origine. Dick Powell lui apporte une part d’humanité bienvenue, en proie aux doutes, aux erreurs de jugement. Le réalisateur en fait un détective qui en impose moins que les personnages qu’il est amené à croiser. Moins costaud que Moose Malloy, moins charmant que Lindsay Marriott, moins classe que Jules Amthor. Il sera mis à mal tout au long du métrage par la quasi intégralité du casting, masculin ou féminin. Il sera trompé, drogué (scènes hallucinogènes parfaitement maîtrisées), assommé à plusieurs reprises… avant de résoudre son enquête.

La mise en scène emprunte à l’expressionnisme allemand dans sa gestion du noir et blanc et ses mises en perspective. Les noirs sont profonds permettant au directeur de la photographie de focaliser la lumière sur les protagonistes. Très peu des scènes en extérieur, seulement deux, très peu éclairées. La quasi intégralité du film se passant en intérieur ce qui permettait de faire baisser les coûts de production. Le Film Noir de ces années, il faut le rappeler, est généralement doté d’un faible budget et sert de vitrine au lancement de jeunes acteurs (Burt Lancaster, Kirk Douglas…).

Le réalisateur convoque toutes les figures imposées du Film Noir. Le récit, construit sous forme d’un long flashback avec utilisation d’une voix off (celle de Marlowe) permet de créer une proximité avec le spectateur, la femme fatale (formidable Claire Trevor) au centre de l’intrigue usant de ses charmes pour arriver à ses fins et menant les hommes par les sentiments, les hommes de main aux trognes patibulaires.

Filmé magnifiquement, très rythmé, doté d’un casting de vraies gueules de cinéma, Adieu, ma Belle, est à mon sens un des meilleurs films d’Edward Dmytryk et la meilleure adaptation du roman de Chandler.

Fiche Technique :

  • Réalisation : Edward Dmytryk
  • Scénario : John Paxton d’après le roman de Raymond Chandler
  • Montage : Joseph Noriega
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Format : Noir et blanc
  • Durée : 95 mn

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :