Boris Karloff est Mr. Wong, Détective

Boris Karloff est Mr. Wong, Détective

Synopsis :

Le détective privé sino-américain Mr. Wong enquête sur des morts suspectes autour d’étranges boules de verre.

Critique :

Né sous la plume de Hugh Wiley, James Lee Wong, plus connu sous le patronyme de Mr. Wong, est un agent fédéral du Trésor, un T-Men pour les puristes, qui apparaîtra dans pas moins de vingt histoires publiées dans les magazines The Saturday Evening Post, Collier’s, Argosy, Blue Book et bien d’autres. Les enquêtes de ce sino-américain vivant à San Francisco se verront adaptées au cinéma pas moins de six fois. Si Boris Karloff, acteur britannique, l’incarnera à cinq reprises de 1938 à 1940, il faudra attendre cette année-ci pour que le personnage soit joué par Keye Luke. Né à Gangzhou en chine, il sera le premier sino-américain (il est naturalisé en 1944) à être engagé sous contrat par la RKO, Universal Pictures et la Metro Goldwyn Mayer. Si Keye Luke tiendra l’un des rôles principaux dans une autre série de films policier des années 30, Charlie Chan, son nom restera toutefois gravé pour l’éternité dans l’esprit des cinéphiles friands des eighties. Souvenez-vous. Il était monsieur Wing, propriétaire de Gizmo, dans le Gremlins de Joe Dante.

Mr. Wong, Détective est, tout comme ses cinq aventures suivantes, une production Monogram Pictures. Monogram Pictures à qui l’on doit également les séries de films ayant pour héros Charlie Chan, Cisco Kid ou bien encore Joe Palooka. Autant de succès qui amèneront un certain Bela Lugosi à rejoindre le Studio et son compère Karloff sans parler de John Wayne qui y fera quelques piges. William Nigh, après avoir fait l’acteur dix-sept fois entre 1913 et 1914, passe derrière la caméra pour le compte du Studio, même s’il lui arrivera de travailler occasionnellement pour la RKO Pictures ou Republic Pictures. Cinq films plus tard, les noms de Mr. Wong et de William Nigh se retrouvent indissociables l’un de l’autre. La photographie est confiée à Harry Neumann (The Phenix City Story) tandis que le montage sera l’œuvre de Russell F. Schoengarth (La Police Était au Rendez-vous).

Je ne vais pas m’étendre très longtemps sur ce Mr. Wong, Détective. Si la série de quatre films consacrée à Dick Tracy avait pour elle une certaine atmosphère à la limite du fantastique tout en présentant fugacement les nouvelles techniques d’enquête de la police, il en est tout autrement ici. L’intrigue, même si elle se déroule sans réel accroc scénaristique, ne présente que très peu d’intérêt. Les motivations des différents intervenants restent obscurs et finalement incompréhensibles, le rythme est indolent et les déductions de notre Sherlock Holmes asiatique tirées par les cheveux. L’autre écueil, de taille, est l’interprétation de Boris Karloff. Non pas qu’elle soit mauvaise, loin de là. Mais, avec le recul qui est le notre, un acteur européen tenant le plus sérieusement du monde le rôle d’un asiatique n’a que très peu de crédibilité. D’autant plus quand il a les traits et le physique si reconnaissable d’un Boris Karloff. Plisser les yeux ou se faire poser de fausses paupières ne suffit pas ! Il est indéniable qu’en 1938, le film a dû faire son petit effet, mais de l’eau a coulé sous les ponts depuis et les mentalités ont évoluées. Pour la petite anecdote, cette histoire de fines boules de verre contenant un gaz mortel n’a eu de cesse de me renvoyer aux Sept Boules de Cristal d’Hergé même si le film précède l’album de 10 ans.

Boris Karloff (Vendredi 13) incarne donc ce Mr Wong en tangzhuang qui conseille de manger du canard aux amandes et aux oranges en cas de problème… Même si son jeu est loin d’être honteux, force est de constater que cette interprétation ne restera pas pour autant dans les annales. Il reprendra néanmoins le rôle à l’occasion de Le Mystère de Mr. Wong, Mr. Wong in Chinatown, The Fatal Hour et Doomed to Die. Puisque Mr. Wong agit seul, il est nécessaire de lui adjoindre un souffre-douleur extérieur qu’il puisse railler et contredire à loisir. Ce rôle échoit à Grant Withers (A l’Ombre des Potences), flic aux déductions sans cesse à côté de la plaque. Face à eux, se dressent Evelyn Brent vue dans La Septième Victime et Lucien Prival (Chasse à l’Homme de Fritz Lang). Là encore, si leur jeu reste bon, l’ensemble reste anecdotique.

Anecdotique. Voilà le terme le plus représentatif de ce Mr. Wong, Détective. Les Dick Tracy avait au moins pour eux de divertir, ce qui n’est malheureusement absolument pas le cas ici.

Edition dvd :

Encore une fois LMLR repousse les limites en proposant une copie proche de la perfection en terme de rendu catastrophique, de grain et autres dégâts. La bande-son, uniquement en version originale sous-titrée français, ne démérite pas.

Aucun bonus.

Fiche technique :

  • Réalisation : William Nigh
  • Scénario : Houston Branch
  • Photographie : Harry Neumann
  • Montage : Russell F. Schoengarth
  • Musique : Edward J. Kay
  • Pays : États-Unis
  • Genre : Policier
  • Durée : 69 mn
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