Brelan d’As par Henri Verneuil (1952)

Brelan d’As par Henri Verneuil (1952)

Henri Verneuil, pour son troisième film, se fend d’un film à sketches en adaptant sous forme de trois petites histoires deux nouvelles signés Stanislas-André Steeman et Georges Simenon et une histoire originale par Peter Cheney, avec comme héros le détective Wens, le g-man Lemmy Caution et le commissaire Maigret.

Constitué de trois segments indépendants les uns des autres, même si les noms des trois défenseurs de la loi sont cités aléatoirement, Brelan d’As est introduit et clôturé par des plans de foule qui se presse dans les rue de Paris et où la littérature dite populaire à toute son importance. Un clin d’œil sympathique de Verneuil qui semble penser que polars, films policiers et vie de tous les jours sont à jamais liés.

L’Alibi de Mr Wens

Synopsis :

Un ancien policier, monsieur Wens, enquête sur la mort de la femme qu’il était sensé protéger.

Critique :

Tiré de la nouvelle éponyme signée Steeman en 1931, le scénario est l’œuvre d’André Tabet, dialoguiste reconnu pour son travail sur Le Corniaud et La Grande Vadrouille. Et ça se sent, tant les dialogues sont ici fins et ciselés. Un régal. D’autant plus que Raymond Rouleau (La Cité de l’Indicible Peur), dans le rôle de Wens, et Maurice Teynac (Le Diable et les Dix Commandements), en mari soupçonné, prennent visiblement du plaisir à se renvoyer la balle. L’intrigue reprend les mécanismes du meurtre en chambre close, à la différence près qu’ici le meurtre est commis dans un ascenseur. Le format du film à sketches ne gêne à aucun moment la réalisation d’Henri Verneuil qui sait s’affranchir des restrictions propre au genre. Un vrai réussite.

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Je Suis un Tendre

Synopsis :

L’agent fédéral américain Lemmy Caution tente d’appréhender un malfrat qui cherche à faire main basse sur une importante collection de diamants.

Critique :

Contrairement aux deux autres segments, il s’agit là d’une histoire originale signée Peter Cheney et adaptée par Jacques Companéez (Forfaiture) qui travaillera notamment pour Jacques Becker sur Casque d’Or avec Simone Signoret. Verneuil change complétement de type de récit avec une intrigue lorgnant sur les productions américaines. Ici, le héros n’aura de cesse de voyager, sera confronté à une femme fatale toute entière acquise à la cause de son gangster. Les armes automatiques seront de sorties et les morts violentes suffisamment graphiques pour marquer les esprits. John van Dreelen (13 Ghosts), dans le rôle de Lemmy Caution, s’en tire avec les honneurs même s’il ne parvient pas à faire oublier les prestations d’Eddie Constantine (La Môme Vert-de-gris). Efficace et sans temps mort, Je suis un Tendre est particulièrement agréable à suivre même s’il aurait gagné à voir certaines de ses scènes de transition réduites.

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Le Témoignage d’un Enfant de Chœur

Synopsis :

Personne ne croit ce jeune enfant qui déclare avoir assisté à un meurtre. Personne, sauf le commissaire Maigret.

Critique :

Paru en 1947 au sein du recueil Maigret et l’Inspecteur Malgracieux, Le Témoignage de l’Enfant de Chœur connaît là sa première adaptation signée par l’auteur lui-même. Gino Cervi, Jean Richard et Bruno Cremer se pencheront, pour la télé, sur cette ténébreuse affaire quelques années plus tard. Devant la caméra d’Henri Verneuil, Maigret prend les traits de Michel Simon (Non Coupable). L’acteur lui apporte toute sa sensibilité pour aider ce petit témoin en proie aux pires tourments qui, violemment confronté aux mondes des adultes, a perdu son regard d’enfant. Il faudra toute la patience de Maigret et la prévenance de son épouse, ici mise particulièrement en avant, pour sauver la vie et l’âme de ce petit garçon. Verneuil s’attache à ses personnages et nous livre finalement une très belle histoire.

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Edition Bluray :

Coin de Mire Cinéma nous propose de (re)découvrir Brelan d’As dans un master 4K de toute beauté. L’image est vierge de toute impureté, le grain parfaitement maîtrisé et le niveau de détail particulièrement élevé. La bande-son est du même acabit, sans souffle, puissante, aux dialogues parfaitement audibles.

Intéressé par la restauration de ce titre ? Direction le site de Coin de Mire Cinéma par ici.

Brelan D’As est accompagné des bonus et goodies habituels à la collection « prestige » de l’éditeur avec les réclames et les journaux d’époque, les bandes-annonces, les photos d’exploitations, l’affichette du film et un livret.

Brelan d’As est disponible directement auprès de Coin de Mire Cinéma ici.

Fiche technique :

  • Réalisation : Henri Verneuil
  • Scénario :
  • épisode La Mort dans l’ascenseur : André Tabet et Stanislas-André Steeman
  • épisode Je suis un tendre : Peter Cheyney et Jacques Companéez
  • épisode Les Témoignages d’un enfant de chœur : Georges Simenon
  • Photographie : André Germain
  • Musique : Hans May
  • Pays : France
  • Genre : Film policier
  • Durée : 118 minutes
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2 réflexions sur « Brelan d’As par Henri Verneuil (1952) »

  1. Enfant de Cœur ou Enfant de Chœur ? 😉 En tout cas Simon en Maigret, je suis preneur. Plus que « je ne sais déjà plus son nom » en Lemmy Caution en lieu et place du grand et irremplaçable Eddie. 😁

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