Cop

Cop

Synopsis : Le sergent Lloyd Hopkins du LAPD enquête sur le meurtre atroce d’une jeune femme. Il en arrive à la conclusion qu’il s’agit de l’oeuvre d’un tueur en série et se lance envers et contre tous à la poursuite du maniaque.

Critique : James B. Harris est connu et reconnu dans le monde du cinéma pour avoir produit trois films réalisés par Stanley Kubrick entre 1956 et 1962 (L’Ultime Razzia, Les Sentiers de la Gloire et Lolita) avant de se lancer lui-même dans la réalisation en dirigeant Richard Widmark dans Aux Postes de Combat en 1965, œuvre très proche de Docteur Folamour réalisé l’année précédente par Kubrick et auquel il a participé en temps que scénariste non crédité. En 1977, il produit Un Espion de Trop de Don Siegel avec Charles Bronson et Lee Remick avant de réaliser deux films passés relativement inaperçus. En 1988, il retrouve James Woods (Videodrome, Pacte avec un Tueur, Il Était une Fois en Amérique…), qu’il avait déjà dirigé dans Fast Walking, pour lui confier le rôle du sergent Lloyd Hopkins dans l’adaptation du roman Lune Sanglante (Blood on the Moon) de James Ellroy et qui sera distribué sous le titre Cop.

Lune Sanglante, roman publié en 1984, raconte l’enquête menée par le Sergent Lloyd Hopkins du LAPD (Los Angeles Police Department) sur une série de meurtres particulièrement atroces qui ensanglante Los Angeles. Lloyd Hopkins est un flic solitaire et violent, en but à toute hiérarchie, détesté et craint par ces pairs à l’exception notable de Dutch Peltz, un ancien de la criminelle. La seule chose que le différencie des criminels qu’il traque? Uniquement sa plaque. Côté familial, ce n’est guère reluisant. Marié et père d’une fillette, son comportement envers cette dernière fera que sa femme le quittera (ou prendra la fuite, c’est selon) après une énième dispute. Il faut dire que Hopkins raconte avec force détails à sa fille toutes les affaires glauques sur lesquelles il a eu à enquêter sous prétexte de la protéger du monde extérieur. Sans compter toutes les infidélités à mettre à son actif ou la prise de drogue pour tenir le coup. On l’aura compris Lloyd Hopkins est tout sauf un saint. Lune Sanglante est le premier opus de ce qui sera appelée plus tard la trilogie Lloyd Hopkins. Il est suivi par A Cause de la Nuit et La Colline aux Suicidés.

Pour interpréter un tel personnage, il fallait une vraie « gueule » de cinéma. Et le choix de James Woods est parfait. Il incarne à merveille ce flic brutal, capable du pire comme du meilleur en s’humanisant soudainement au contact de sa fille ou de Peltz. Il est Lloyd Hopkins!. Mais cela a son revers. Occupant tout l’espace de par son attitude, comme le fait Hopkins d’ailleurs, James Woods éclipse littéralement tout ses partenaires, réduits à de la simple figuration. Lesley Ann Warren (Victor Victoria, Cluedo…), pourtant créditée de nombreuses scènes, ne fait pas le poids face à Woods et nous livre une prestation quelque peu fade, tout comme Randi Brooks (La Corde Raide…). Nous assistons alors à des scènes trop longues voire gênantes comme celle où le personnage de Lesley Ann Warren raconte le viol dont elle a été victime ou des scènes qui se voudraient « chaudes » mais qui tombent irrémédiablement à plat entre Woods et Brooks. Seul Charles Durning (L’Arnaque, Tootsie, Sœurs de Sang…), doté d’une belle présence, comme son personnage, arrive à tenir la dragée haute à Woods.

Et ce n’est pas la réalisation de James B. Harris, trop sage, qui va relever le niveau. D’autant plus qu’il prend le parti d’ignorer, lors de l’écriture de son scénario, tout les chapitres du roman traitant du tueur. Là où la grande force d’Ellroy était de mettre en correspondance flic et tueur pour représenter les deux faces d’une même pièce, Harris décide de faire du tueur un anonyme dévoilé uniquement en toute fin de métrage, son propos perdant ainsi l’ambiguïté qui l’aurait empêché de n’être qu’un vulgaire polar de plus. Seule la dernière image sauvera les apparences d’un face à face trop vite expédié.

Malgré ses défauts, Cop est agréable à suivre principalement grâce à une interprétation sans faille de James Woods et reste une bonne adaptation de l’œuvre de James Ellroy, derrière L.A Confidential de Curtis Hanson mais devant le navrant Dahlia Noir de Brian de Palma.

Edition dvd :

Fiche Technique :

  • Réalisation : James B. Harris
  • Scénario : James B. Harris
  • Montage : Anthony Spano
  • Musique : Michel Colombier
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Genre : Policier
  • Durée : 110 mn

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