Cosa Nostra (The Valachi Papers)

Cosa Nostra (The Valachi Papers)

Synopsis : La carrière de Joseph Valachi au sein de la mafia new-yorkaise et sa coopération avec le FBI pour faire tomber le « capo dei capi », Vito Genovese.

Critique : Issu d’une famille d’immigrés napolitains, Joseph Valachi naît en 1903 dans le quartier de East Harlem à New-York. Il est très vite recruté par le gang des Minutemen, cambrioleurs se vantant d’opérer en moins de 1 minute, comme chauffeur. Il change de statut en 1930 lorsqu’il est recruté par la mafia new-yorkaise et participe durant les années suivantes aux guerres que se livrent les différentes familles. Sa carrière mafieuse prend fin en 1960 alors qu’il « travaille » pour Luciano lui-même sous les ordres de Vito Genovese et qu’il est arrêté pour trafic de drogue. En 1963, il décide de passer aux aveux devant les agents du FBI décrivant tout le système de fonctionnement de la mafia qu’il appelle Cosa Nostra. Emprisonné à Atlanta, il y retrouve Vito Genovese arrêté en 1959. Malgré le fait que sa tête soit mise à prix pour avoir brisé l’omerta, Valachi témoigne devant le Sénat américain. Il meurt en prison en 1971.

En 1968, Peter Maas, écrivain et journaliste, s’empare de l’histoire de Joseph Valachi et publie The Valachi Papers. En 1973, il devient le biographe officiel de Frank Serpico, officier de police ayant dénoncé la corruption qui régnait au sein du New-York Police Department (NYPD).

Dino De Laurentiis achète les droits du livre et en confie l’adaptation pour le grand écran à Stephen Geller, écrivain et scénariste qui signera les scripts d’Abattoir 5 de George Roy Hill et d’Ashanti de Richard Fleischer. Terence Young est engagé pour assurer la réalisation après les succès au box-office qu’on été James Bond contre Dr No, Bons Baisers de Russie ou Opération Tonnerre. Il retrouve pour l’occasion Charles Bronson qu’il avait déjà dirigé sur De la Part des Copains (1970) et Soleil Rouge (1971). L’engagement de Bronson par De Laurentiis n’a pas été de tout repos, la star ayant repoussé par deux fois les propositions du producteur. Bronson finira par accepter avec la signature d’un contrat pour trois films (Cosa Nostra, Un Justicier dans la Ville, Le Bison Blanc) accompagnés d’un cachet d’un million de dollars par film et un intéressement sur les entrées. Pour donner la réplique à la star, Lino Ventura est engagé pour tenir le rôle de Vito Genovese obtenant ainsi une stature non négligeable à l’international qu’il choisira de ne pas faire fructifier refusant des rôles dans Les Trois Jours du Condor (Max Von Sydow), Rencontres du Troisième Type (François Truffaut) ou Apocalypse Now (Christian Marquand).

Loin de ses précédentes réalisations, Terence Young fait preuve de retenue et d’un classicisme salutaire pour mettre en images la vie d’un homme qui a baigné très tôt dans la violence. Ici, ni tic ni maniérisme, Young se « contente » de filmer au plus près, collant ainsi à la réalité des faits. S’appuyant sur une très belle photographie signée Aldo Tonti, il filme avec respect ses personnages sans jamais chercher à porter le moindre jugement sur les actes des uns et des autres. Moins ambitieux que la trilogie du Parrain, Cosa Nostra parvient, grâce à Young, à se démarquer du tout-venant de la production du film de gangsters par sa capacité à rendre compréhensible les rouages de la mafia, désirant donner l’image d’une « famille » où chacun se respecte et s’entraide pour, au final, être minée par les luttes intestines. Mais Young n’en oublie pas pour autant les passages mouvementés et les gèrent de main de maître comme cette scène d’émasculation assez terrible, pourtant filmée en partie hors plan.

Très loin des rôles monolithiques dans lesquels nous sommes habitués à le voir évoluer, Charles Bronson nous gratifie d’une interprétation très juste du personnage de Joseph Valachi. Tour à tour violent, empathique, en un mot humain, Bronson fait la preuve tout au long du film de sa capacité à jouer autre chose que les justiciers. Face à lui, se dresse le toujours parfait Lino Ventura, qui, loin d’être impressionné par la star américaine, réussit l’exploit d’exister à l’écran grâce à une présence toujours aussi magistrale dans le rôle d’un mafieux implacable. Reste du casting sans fausse note que vient illuminer la belle Jill Ireland.

Biopic extrêmement documenté, Cosa Nostra bénéficie de la réalisation très professionnelle de Terence Young et du face-à-face Ventura / Bronson tous deux charismatiques en diable.

Edition blu-ray :

Esc Distribution nous gratifie pour l’occasion d’un magnifique blu-ray. Aucun défaut de pellicule n’a été constaté, les couleurs sont splendides, les noirs profonds mais toujours lisibles, le niveau de détail est poussé à l’extrême. Les pistes sonores sont claires et limpides, vierges de tout souffle. Un sans faute.

A retrouver ici

Fiche technique :

  • Réalisateur : Terence Young
  • Scénario : Stephen Geller
  • Photographie : Aldo Tonti
  • Musique : Riz Ortolani et Armando Trovajoli
  • Pays : France, Italie
  • Genre : Biopic, néo-noir
  • Durée : 125 mn

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