« Dans l’Ombre » avec Fabrice Mathieu – Part.1

« Dans l’Ombre » avec Fabrice Mathieu – Part.1

Une ombre décide de prendre sa liberté en se débarrassant définitivement de son « portant » (Dans l’Ombre), Alfred Hitchcock s’avère être le véritable assassin qui hante ses films (Master of Suspense), Cary Grant se retrouve aux prises avec un chasseur TIE (Darth by Darthwest)… Le monde du court-métrage semble ne plus tourner rond. Interview de Fabrice Mathieu, réalisateur à l’origine de tous ces chamboulements.

American-Cinéma : Pour la seconde semaine consécutive, le court-métrage s’invite sur American-Cinéma. Et c’est une bonne chose tant ce milieu regorge de créativité. Yann Danh et son formidable A Tout Prix m’ont incité à pousser plus avant. C’est donc avec plaisir que j’accueille aujourd’hui Fabrice Mathieu, réalisateur spécialisé dans le mashup, qui a gentiment accepté de revenir sur trois de ses courts et nous parler de ses projets futurs.

American-Cinéma : Avant de passer aux choses sérieuses, peux-tu évoquer avec nous ton passé de cinéphile et ce qui t’a poussé vers la réalisation ? En bref, comment en es-tu arrivé là ?

Fabrice Mathieu : Enfant, j’ai découvert dans les salles obscures des films comme Star Wars ou Alien ! Je n’en suis pas entièrement sorti indemne ! J’ai commencé également très tôt à m’intéresser à la musique de film et des affiches ont rapidement envahi les murs de ma chambre ! Le 7ème art prenait une place de plus en plus importante dans ma vie! Cela s’est vite transformé en passion ! L’envie d’en faire mon métier est arrivée plus tard, au lycée… c’était devenu tout à coup comme une évidence.

J’ai donc fait mes études à l’E.S.R.A. (Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle à Paris) et j’ai commencé à écrire, tourner et à réaliser des courts métrages, en passant du thriller au fantastique, du Super 8 à la vidéo HD, tout en travaillant dans l’audiovisuel en tant que cadreur, monteur et réalisateur. J’ai également partagé mon engouement pour le cinéma et la musique de films en co-animant différentes émissions de radio dédiées à ces sujets. J’ai ensuite poursuivi l’écriture avec un premier scénario de long-métrage : Dans l’Ombre. En le faisant lire à des professionnels, ils m’ont conseillé de construire une bande annonce pour présenter le style et l’esprit du film à des producteurs, ceci à partir d’images d’archives, exercice souvent réalisé en publicité pour créer des maquettes ! J’en ai finalement tiré un court-métrage, réalisant par la même occasion, mon premier mashup !

American-Cinéma : Si tu devais nous citer un réalisateur, tout genre confondu, qui t’a inspiré depuis toujours, qui serait-il ?

Fabrice Mathieu : Question difficile ! Il y en a tellement ! Au cinéma, j’aime avant tout les univers et les imaginaires créés par les réalisateurs. J’admire par exemple le travail de Terry Gilliam, de Tim Burton, de Jacques Tati, d’Alfred Hitchcock… Dès les premières images, leur style est reconnaissable et vous emporte !

Steven Spielberg aussi, j’ai grandi avec ses films et ses productions, donc si je devais n’en citer qu’un, cela serait lui ! Il est capable de passer d’un genre à l’autre avec une telle maestria et ses films n’ont pas pris une seule ride ! Les premiers Indiana Jones sont toujours d’une redoutable efficacité ! Ce n’est peut-être pas très original mais mon choix se porterait sur lui!

J’adore également l’animation et j’apprécie tout particulièrement le travail des studios Aardman et Pixar, de par leur inventivité et leur façon de fonctionner : ils prennent le temps de peaufiner leurs histoires et de soigner jusqu’à la perfection leurs réalisations. Ce sont pour moi de vrais artistes qui mettent de côté les impératifs de production au profit de la qualité (Pixar, sans doute moins maintenant depuis que Disney est là…) !

American-Cinéma : Tu utilises la technique du mashup pour la conception de tes courts métrages. Peux-tu nous expliquer en quoi cela consiste ?

Fabrice Mathieu : Je n’utilise pas toujours la technique du mashup, certains de mes courts ont été tournés entièrement, mais c’est vrai que ces dernières années, j’en ai réalisé un certain nombre car je m’y retrouve complètement : le détournement et la manipulation d’images m’ont toujours attiré! Cela me permet d’être aussi plus productif et de les faire en toute autonomie. Je réalise en moyenne deux mashups par an, alors que pour Mémoires Vives (Memorium), un de mes derniers courts, il a fallu plus de deux ans pour le terminer. C’était un film compliqué avec plus de dix minutes de trucages à créer. Quand les moyens sont très limités, cela demande toujours plus de temps pour le finaliser. Le mashup a été également un moyen de mieux me faire connaître, donc je continue tout en essayant d’aller toujours plus loin dans la création, en espérant un jour retourner vraiment à la réalisation de projets plus conséquents.

Le mashup consiste à récupérer des éléments existants, des extraits de films en général, et de les mélanger pour créer une autre œuvre. Il en existe différents types, le supercut (montage sur une musique dynamique), l’hommage à un acteur ou un réalisateur, le mashup éducatif qui met en lumière le style d’un réalisateur par exemple, et le mashup narratif, c’est à dire créer une nouvelle histoire en y faisant se côtoyer des acteurs de générations différentes et en réunissant des univers qui ont au premier abord rien en commun. Le mashup permet de concrétiser des films qui ne pourraient pas exister autrement, faute de moyens ou de concurrence entre les grands studios. Pour HZ : Hollywood Zombies par exemple, je transforme tout le gratin du cinéma américain en morts vivants. Un tel film coûterait une fortune avec le cachet de tous ces acteurs !

American-Cinéma : Il faut une sacré culture cinématographique pour savoir quel passage de quel film peut servir à la réalisation de ton film. Tu as regardé approximativement combien de films avant de faire ton choix ?

Fabrice Mathieu : Le mashup est un sacré puzzle à faire, surtout lorsqu’on veut raconter une histoire ! Je ne trouve pas toujours les images que je souhaite, donc il faut parfois les fabriquer en imbriquant différents éléments, ou alors trouver une autre façon de découper l’action ! C’est très intéressant d’un point de vue narratif ! En général, j’essaie de voir le maximum de films et de vidéos par rapport au sujet que je traite. Pour « Raiders of the Lost Darth », outre Les Aventuriers de l’Arche Perdue et les Star Wars, j’ai aussi utilisé des parties provenant des téléfilms comme L ‘Aventure des Ewoks et des éléments à incruster trouvés sur Youtube, qui est une vidéothèque formidable ! On ne peut pas vraiment parler ici de sacré culture cinématographique à avoir dans ce cas-là ! Il s’agissait juste de bien intégrer au moment opportun chaque personnage ou décor dans l’univers d’Indiana Jones. Pour Dans l’Ombre, c’était différent : j’ai vu et revu un très grand nombre de films tous genres confondus, parmi lesquels beaucoup de films noirs, comblant par la même occasion quelques unes de mes lacunes ! Je ne connaissais pas certaines œuvres de Fritz Lang ou Carol Reed par exemple. J’aime découvrir des choses quand j’aborde un sujet! J’en ai retenu 56 pour le montage final, de Nosferatu à Sin City! Il a fallu ensuite tout uniformiser visuellement et recréer une bonne partie de la bande son, phase très importante dans la confection !

American-Cinéma : Pour un court-métrage tel que Dans l’Ombre, tu travailles seul ou tu as une équipe autour de toi ? Si c’est le cas, quel est le rôle de chacun ?

Fabrice Mathieu : Le Mashup est un travail solitaire, contrairement au court-métrage. Dans l’Ombre échappe à cette règle car nous étions deux : mon ombre et moi-même ! Non j’ai eu la chance d’avoir un très bon narrateur ! Mais pendant ma phase de recherches de plans contenant des ombres, j’en ai pas mal parlé autour de moi, et plusieurs amis m’ont aidé en me citant tel ou tel film ! II fallait ensuite les trouver ! Pas simple, mais heureusement, j’en avais déjà quelques-uns dans ma filmothèque dont certains auxquels je n’avais pas pensé !

American-Cinéma : Ton court métrage Dans L’Ombre est sous forte influence du film noir. Un affect particulier pour ce genre ?

Fabrice Mathieu : Dans le milieu du Mashup, certains m’ont surnommé le «Mashupeur Noir» donc il semblerait que mes affinités pour ce genre se ressentent dans mon travail ! Dans mon court-métrage Cheese Trouble, un mashup d’animation mêlant les univers de Wallace & Gromit et des Minions, ces influences y sont présentes également, notamment avec l’utilisation de la musique de Bernard Herrmann. À l’image de cet exemple, ce que j’aime le plus dans les films, c’est le mélange des genres. Donc j’essaie de reproduire cela dans mes films ! Pour Dans l’Ombre, à part le côté fantastique, l’utilisation du noir et blanc et des aspects Film Noir sont devenus rapidement primordiaux à mes yeux, car ils ont offert à l’ombre ses plus belles heures de gloire à l’écran, tout en devenant également l’un des principaux codes du genre. L’école expressionniste allemande est aussi une grande source d’inspiration. Les réalisateurs de l’époque, comme Fritz Lang ou Jacques Tourneur, avaient vite compris l’importance du pouvoir et de la force de suggestion des silhouettes !

American-Cinéma : La voix-off a une place particulière au sein de Dans l’Ombre. Comment s’est passé le casting voix ?

Fabrice Mathieu : Oui la voix-off est très importante dans le film ! Elle est très présente et apporte beaucoup d’éléments. Il s’agit du personnage central : l’ombre d’un tueur qui décide un jour de retrouver sa liberté, en éliminant et en se séparant de son « Portant ». C’est ainsi que nous nomme les silhouettes ! Toute l’histoire est racontée de son point de vue, sur le monde qui l’entoure et sur nous. Dans le scénario du long-métrage, cette ombre n’est pas le personnage principal mais elle a un rôle très important ! Son expérience et sa vie de silhouette naturelle me semblaient idéal à raconter ici dans le court-métrage pour poser certaines bases du récit.

Concernant le narrateur, en écrivant, j’entendais une voix grave qui laissait deviner derrière elle un certain vécu dans les cordes vocales. J’ai tout de suite pensé à une de mes connaissances, un des membres du Big Bazar de Michel Fugain, Roger Candy, qui est également chanteur, compositeur et metteur en scène de gros spectacles sur lesquels j’ai eu le plaisir de travailler ! Il en réalisait aussi les bandes sons et posait souvent sa voix de conteur dessus. Je lui ai parlé du projet et il a immédiatement accepté ! L’enregistrement s’est ensuite déroulé dans son home studio !

American-Cinéma : Abordons désormais le cas de Master of Suspense. Comment t’est venue l’idée de mettre en scène Alfred Hitchcock ?

Fabrice Mathieu : L’idée a commencé à germer pendant la confection de Dans l’Ombre ! J’avais revu pour l’occasion pas mal de films du Maître du Suspense ! Je suis tombé ensuite sur une vidéo regroupant tous ses fameux caméos, et j’ai pensé que les réunir dans une fiction et dans une histoire originale serait un bon exercice de montage et un beau challenge à réaliser ! J’ai d’abord vérifié qu’il n’y avait rien de comparable sur internet et je me suis lancé dans l’aventure ! Ce projet était également une bonne continuité à Dans l’Ombre : je restais dans le noir et blanc, dans le Film Noir, dans le suspense, et cela me semblait être un bon terrain d’expérimentation et de trucages concernant l’intégration de silhouettes dans certains plans !

American-Cinéma : Master of Suspense est un joli pied de nez au cinéma d’Alfred Hitchcock puisque sans trop en révéler, tu fais de lui l’assassin hantant ses propres films.

Fabrice Mathieu : Merci beaucoup ! Oui c’est maintenant lui le méchant de l’histoire, lui qui les aimait tant, j’ai pensé que c’était lui rendre un bel hommage d’en incarner un à son tour, et qu’il soit l’acteur principal d’un film ! Il adorait se mettre en scène, bien qu’au départ, il ne l’a fait que pour des raisons économiques car il manquait parfois de figurants ! Mais c’est quelque chose que les spectateurs appréciaient et qui est devenu ensuite récurant, comme un rendez-vous avec son public! On ne l’aperçoit que quelques secondes à chaque fois : il promène ses chiens, rate son bus, monte dans un train, règle une horloge… Le faire passer pour un assassin n’a pas été facile ! Il a fallu user de pas mal d’artifices pour arriver à ce résultat !

American-Cinéma : Là encore, tu utilises la technique du mashup. Combien de films du maître composent ce véritable puzzle? Tu as fais ton choix sur l’ensemble de sa carrière ?

Fabrice Mathieu : « Master of Suspense » comporte des extraits de 25 de ses films, de Chantage (1929) à Complot de Famille (1976) ! Je n’ai pas utilisé toutes ses apparitions, notamment celles où l’on ne le distinguait pas de façon évidente. J’ai essayé d’en placer un maximum ! Mais ses caméos ont été loin d’être suffisants pour raconter cette histoire : j’ai cherché dans ses bandes annonces où il présentait lui-même ses films, dans les making of, dans ses apparitions à la télévision avec la série des Hitchcock Présente, dans des disques contenant sa voix, et des photos ! D’autres films m’ont été très utiles comme Psychose 2, Psychose 3 et Hitchcock le biopic avec Anthony Hopkins. Par chance Alfred Hitchcock m’avait facilité la tâche en s’habillant toujours de la même façon, c’était plus simple pour les raccords ! Mais des effets spéciaux ont été nécessaires pour avoir la sensation de son omniprésence sur toute la durée du film, comme des fausses coupures de presse, des avis de recherches et également par l’ajout d’ombres portées, trucage qui m’intéressait tout particulièrement à tester ! Et sa silhouette est tellement reconnaissable…

American-Cinéma : Changement radical pour Darth by Darthwest. Je peux me tromper, mais il me semble que l’on est plus ici dans l’exercice de style qu’autre chose. Ce court n’est-il pas une introduction à un projet plus ambitieux ?

Fabrice Mathieu : Pour moi, Master of Suspense était déjà un exercice de style et de montage, mais avec Darth by Darthwest (Vador aux Trousses), je m’attaquais en plus à des effets spéciaux (une bonne cinquantaine) beaucoup plus compliqués et plus longs à exécuter : de l’incrustation, de la rotoscopie, du compositing et de l’animation ! Chaque film est un nouveau défi et celui-ci était de taille, en détournant une des scènes cultes parmi les plus célèbres du cinéma, la scène où Cary Grant se fait poursuivre par un biplan dans La Mort aux Trousses ! Mes mashups suivants ont tous été fabriqués selon le même processus, mais en essayant de placer à chaque fois la barre toujours un peu plus haut !

American-Cinéma : D’où t’est venue l’idée de faire se rencontrer Roger Thornhill et C-3PO ?

Fabrice Mathieu : C’est grâce à un ami qui avait partagé sur son mur une image truquée trouvée sur internet montrant Roger Thornhill poursuivi par un Tie Fighter, que j’ai eu envie de voir cette scène, en vrai ! Je suis, avant de réaliser un film, d’abord un spectateur! Ce mashup était aussi pour moi une bonne transition : il me permettait de rester encore dans l’ambiance hitchcockienne tout en abordant un autre univers que j’affectionne également, celui de Star Wars ! C-3PO et d’autres personnages de la fameuse saga sont venus ensuite se greffer à l’histoire ! Travailler sur ce projet m’intéressait également musicalement parlant ! La fameuse scène originale ne comporte pas de musique, elle n’intervient qu’à la fin, lorsque l’avion percute le camion citerne. Hitchcock a souhaité ici inverser les codes du Film Noir, en passant de la nuit au jour, et en dilatant le temps et le suspense avec ces grands espaces et le silence ! Cette séquence dure plus de dix minutes, au milieu du film, après moultes péripéties ! Pour le mashup, mon approche a été différente : pour un film de quelques minutes, il fallait que cela démarre rapidement et donner du rythme pour attirer l’attention ! Je l’ai donc réduite de moitié et mise en musique avec la superbe composition originale de Bernard Herrmann ! Elle s’adapte très bien à l’univers de Star Wars également ! Il suffit d’écouter du John Williams pour comprendre l’influence herrmannienne qu’il y a dans sa musique : la comparaison entre le thème de La Mort aux Trousses et celui de Jaws en est la preuve !

American-Cinéma : Techniquement parlant, quelles sont les difficultés que tu as pu rencontrer dans l’intégration des effets spéciaux issus de Star Wars et le film d’Hitchcock (tiens encore lui…) ?

Fabrice Mathieu : Les difficultés ont été multiples… J’ai dû effacer dans un premier temps un certain nombre d’éléments et de personnages, à commencer par l’avion bien sûr, pour le remplacer par le Tie Fighter, ou encore l’autochtone avec lequel Roger Thornhill discute, pour qu’il cède sa place à C-3PO ! Le bleu du ciel m’a quand même aidé, j’ai pû m’en servir pour des incrustations ! Autre tâche difficile : reproduire avec le Tie Fighter la trajectoire de l’avion ! J’ai donc utilisé différents vaisseaux issus des films qu’il a fallu animer différemment pour certains. J’ai trouvé aussi sur Youtube des Ties sur fond vert dont les rotations m’intéressaient… Ils n’étaient pas bien définis mais cela suffisait pour les plans larges ! D’autres plans ont été compliqués, le Tie en feu, les reflets métalliques sur C-3PO, la rotation du Faucon… Il n’y a que Cary qui ne m’a pas posé trop de problèmes : il est toujours impeccable et bien coiffé, c’est plus facile pour le détourer !

American-Cinéma : Au regard de ces trois courts-métrages, le film Les Cadavres ne Portent pas de Costard doit avoir une place de choix dans ton cœur ?

Fabrice Mathieu : Oui j’adore le Film de Carl Reiner et la musique de Miklos Rozsa ! C’est très intéressant d’un point de vue technique et dans le montage ! Ils ont reconstitué un certain nombre de décors pour être le plus raccord possible ! A l’époque, il n’y avait pas le numérique ! Imaginez ce qu’on pourrait faire aujourd’hui ? Merci pour l’idée ! Je vais y réfléchir !! A un autre niveau, je suis féru de documenteurs, comme ceux de Peter Watkins, William Karel ou Peter Jackson ! La manipulation de l’image par le biais du montage et des trucages me passionne ! J’espère que par l’intermédiaire de mon travail, cela éveillera certaines consciences sur la puissance de l’image, de relativiser ce que l’on voit tous les jours, et de prendre un peu de recul !

American-Cinéma : Ces trois courts-métrages ont-ils été présentés dans des festivals ?

Fabrice Mathieu : Dans l’Ombre m’a apporté beaucoup de satisfaction en festivals, il a été montré dans plusieurs pays et a reçu quelques prix ! J’ai moins fait d’inscriptions pour Master of Suspense et Darth by Dathwest. Les mashups sont toujours plus compliqués à placer en festivals… mais des organisateurs m’ont contacté pour les projeter ! Je garde un excellent souvenir pour Master of Suspense, au Max Linder, devant une salle bondée, pour l’ouverture du Mashup Film Festival ! Ces deux films comme les suivants ont plutôt circulé sur Internet et des gros sites ont écrit des articles dessus comme Slate ou NoFilmSchool ! Darth by Darthwest a connu beaucoup de partages, il a été très viral et la presse du web en a beaucoup parlé, Les Inrocks, France Soir, Golem 13, Allociné, Newsweek, la RTBF, Joblo, Ecran Large… même dans Playboy !! Des personnalités aussi, comme un certain Mark Hamill !! Tous ces honneurs ont de quoi donner le vertige ! C’est soudain, mais bref… avec internet les choses évoluent très vite ! Canal + avait beaucoup apprécié le film également, en le présentant dans «Les Pépites» et dans «L’Oeil de Links» ! J’ai bien sûr été ravi, touché par tous ces beaux retours, et fait le plein d’énergie pour aborder la suite de l’aventure !

American-Cinéma : Internet et les réseaux sociaux sont des médias incontournables désormais. Est-ce pour toi une « arme » nécessaire de nos jours ?

Fabrice Mathieu : Le succès de Darth by Darthwest évoqué précédemment suffit pour y répondre ! Je ne parlerai pas d’arme mais plutôt d’outil et d’opportunité extraordinaire : internet est une vitrine formidable pour présenter son travail et le relayer ensuite ! J’ai connu la période sans… A part les festivals et d’éventuelles ventes pour des chaînes, cela s’arrêtait là. Aujourd’hui le monde entier peut y avoir accès… Quelle aubaine et quelle chance ! Car quand on fait des films, c’est avant tout pour les partager avec d’autres et pouvoir échanger ensuite! Internet m’a permis aussi de collaborer à distance, sur des projets d’amis américains ou australiens ! Je ne pense pas que cela aurait été possible par le passé… donc pour moi, ce changement a été une véritable révolution !

American-Cinéma : As-tu des projets de longs métrages ou de courts-métrages actuellement ?

Fabrice Mathieu : Oui les projets ne manquent pas ! Je cherche des producteurs pour la version long-métrage de Dans l’Ombre. Un second long-métrage intitulé Invisible est en développement, un trailer est quant à lui d’ores et déjà visible sur mes différentes pages. D’autres projets de courts et et longs fantastiques sont encore au stade de l’écriture. Côté mashup, beaucoup de projets et d’envies également! Je travaille en ce moment sur la suite de Darth by Darthwest, cinq ans après… Ce second volet commencera là où le premier s’était arrêté, plan pour plan ! C’est pour moi, un nouveau challenge et j’espère le terminer d’ici la fin de l’année !

American-Cinéma : Avant de te libérer, une petite série de questions en phase avec le thème du site. Si je te dis film noir, tu me réponds ?

Fabrice Mathieu : Je te réponds 7h58 ce Samedi-là concernant le film, car c’est le dernier grand Film Noir que j’ai vu, avec un Sidney Lumet toujours au sommet de sa forme à 83 ans quand il a réalisé ce film! Impressionnant! Parmi les plus récents, Les sentiers de la Perdition de Sam Mendes est également un film sublime, un vrai hommage au Film Noir de la grande époque.

Pour l’actrice, le premier regard fatal qui vient à mon esprit est celui de Lauren Bacall, mais comme d’autres personnes ont déjà évoqué son nom avant moi, je choisis Jessica Rabbit ! Non Lauren Bacall alias « The Look » bien sûr, quel regard…et sa voix rauque… quelle présence ! Elle restera toujours pour moi LA femme fatale du Film Noir !

Un acteur ? Edward G. Robinson, cela me permet d’évoquer un film que j’adore Assurance sur la Mort et un immense réalisateur Billy Wilder autant à l’aise dans le Film Noir que dans la comédie ! Il était capable de tout interprété et il a tourné avec les plus grands : Howard Hawks, Fritz Lang, Joseph L. Mankiewicz, Orson Welles, John Huston… pour ne citer qu’eux… Quel talent  et quelle carrière !

American-Cinéma : Je ne peux que te souhaiter de réussir dans tes futures entreprises. Merci à toi pour cette interview et on se retrouve demain pour la seconde partie de cette publication consacrée à trois courts métrages de Fabrice (c’est par ici).

Vous retrouverez l’intégralité des courts-métrages de Fabrice par ici.

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