« Dans l’Ombre » avec Fabrice Mathieu – Part.2

« Dans l’Ombre » avec Fabrice Mathieu – Part.2

Après un entretien où transpire l’amour du cinéma, il est temps dans cette seconde partie d’évoquer trois des courts métrages évoqués précedemment par Fabrice Mathieu : Dans l’Ombre, Master of Suspense et enfin en bonus Darth by Darthwest.

A tout seigneur tout honneur, le premier court métrage évoqué sera :

Dans l’Ombre

Synopsis :

Un ombre décide de se débarrasser de son « portant » regagnant ainsi sa liberté. Son geste homicide aura des répercussions sur toute la société.

Critique :

Les amateurs de films noirs savent à quel point les jeux d’ombres et de lumière sont importants dans le genre. Hérité de l’expressionnisme allemand, l’ombre est devenue un véritable code durant la période classique. Une telle présence fait qu’elle en deviendrait presque un personnage à part entière. C’est ce pas que franchit Fabrice Mathieu en lui donnant le premier rôle de son court Dans l’Ombre. Et pour ce faire, le réalisateur n’a que l’embarras du choix tant le film noir et dans une moindre mesure le néo-noir regorge d’exemples. Esthétiquement parlant, Dans l’Ombre emprunte autant au Sin City de Frank Miller qu’au Spirit du même Miller mais aussi à celui de Will Eisner. Ce qui distingue également Dans l’Ombre du tout-venant, c’est son scénario. Ici, le mashup va bien plus loin que le simple défi technique. Il sert un script en béton armé, une histoire qui se tient et qui parviendrait presque à créer une légende urbaine en la « personne » de cette ombre qui pourrait, si elle le voulait, mettre à bas la société. Un prétendant solide au passage en long métrage.

Dans l’Ombre est à retrouver ici.

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Master of Suspense

Synopsis :

Après nous avoir fait visiter les lieux de son film Psychose, Alfred Hitchcock assassine le personnage incarné par Janet Leigh avant de prendre la fuite et de tuer ceux qui se dresse sur sa route.

Critique :

Et si Alfred Hitchcock était un tueur? De ce postulat de départ fort original, Fabrice Mathieu nous livre, avec toute sa science du mashup qu’on lui connait, un court-métrage très dynamique. Prenant pour socle les caméos du réalisateur, il enchaîne les scènes et parvient à rendre cette course-poursuite palpitante. Au delà de l’aspect technique du court métrage (parfaitement maîtrisé), Master of Suspense est un joli pied de nez à celui qui, pendant des années, s’est évertué à lancer sur les routes des personnages innocents, injustement traqués par la justice et/ou des truands. Une sorte de retour de bâton revigorant. L’aspect ludique est une fois de plus mis en avant. Il vous faudra j’en suis sur plus d’un visionnage pour identifier de quels films proviennent les caméos et les différentes scènes utilisés.

Master of Suspense est à découvrir ici.

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Darth by Darthwest

Synopsis :

Roger Thornhill se fait attaquer par un chasseur TIE en plein désert et ne doit son salut qu’à l’intervention du Faucon Millenium.

Critique :

Quelle curieuse, et géniale, idée que de faire se rencontrer un personnage emblématique de la filmographie d’Alfred Hitchcock, en l’occurrence Roger Thornhill incarné par Cary Grant dans La Mort aux Trousses, et l’univers imaginé par George Lucas pour Star Wars. D’autant plus lorsque cette idée est illustrée par LA scène, partie intégrante de l’inconscience collectif, l’attaque du héros par un avion. Encore une fois, Fabrice Mathieu utilise la technique du mashup pour mixer au mieux les deux univers et rendre le tout crédible. Ne se contentant pas de remplacer l’avion par un chasseur TIE, il crée un environnement « crédible »en intégrant des bâtiments de la planète Tatooine, des Sarlaac (la créature qui tua Boba fett), le landspeeder d’Obi-Wan Kenobi ou encore C-3PO à la société américaine de la fin des années 50 avec ses habitants et ses véhicules (camion et voitures) si représentatifs de cette époque. Loin de dénaturer l’un ou l’autre des films, les différents éléments, pourtant diamétralement opposés, s’intègrent parfaitement les uns aux autres et maintiennent l’attention du spectateur devant un spectacle on ne peut plus ludique.

Darth by Darthwest est à retrouver ici.

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Au travers de l’entretien de Fabrice Mathieu et l’évocation de trois de ses courts métrages, j’espère vous avoir donné envie, comme j’ai pu le faire, pousser plus avant dans la découverte de ses différentes réalisations hautes en couleur. Pour ma part, j’ai hâte de découvrir la suite des aventures de Roger Thornhill au pays de Star Wars et de cette Ombre débarrassée de son portant ! Amis producteurs, faites-vous connaître ! Le monde du court est bourré de talents qui ne demandent qu’à éclater au grand jour !

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