Dick Tracy contre la Griffe (Dick Tracy’s Dilemna)

Dick Tracy contre la Griffe (Dick Tracy’s Dilemna)

Synopsis :

Dick Tracy enquête sur un vol de manteaux de fourrure au cours duquel un vigile a trouvé la mort, tué par un homme porteur d’un crochet à la place de la main droite.

Critique :

Quelques mois avant Dick Tracy contre le Gang, le célèbre détective a eu maille à partir avec un adversaire au signe distinctif bien particulier au cours de sa première aventure cinématographique sous les traits de Ralph Byrd. Et à cette occasion, on prend les mêmes et on recommence. Ou presque. Si l’on retrouve, comme pour Dick Tracy contre le Gang, John Rawlins (Hollywood Parade) à la réalisation, Frank Redman (The Bamboo Blonde) à la photographie et Paul Sawtell (Le Quatrième Homme, La Piste Fatale) à la musique, Dick Tracy contre la Griffe jouit d’un scénario original signé du peu expérimenté Robert Stephen Brode (Sing While You Dance)et du monteur inconnu Marvin Coll, dont je n’ai trouvé aucune trace sur le net…

Pour Dick Tracy contre la Griffe, le réalisateur flirte avec le film noir, plus qu’il ne le fera avec l’opus suivant. Les facultés de déductions de Tracy sont particulièrement mise en avant, notamment lors du déchiffrage d’un message partiellement illisible laissé par la victime du cambriolage meurtrier. Tout comme l’utilisation judicieuse de certaines de ses sources et indics. L’intervention très rapide au cours de l’intrigue d’un médecin légiste et d’un graphologue désigne la science comme une avancée certaine dans les techniques d’enquête. Autant de détails qui font de ce film une adaptation fidèle de l’esprit du comic strip de Gould. L’humour se fait plus léger, moins présent. Dick Tracy, plus sur la réserve, ne s’autorise que quelques sourires face aux facéties de son adjoint Pat Patton. Opposé à cet efficace duo, un gang œuvrant pour un mystérieux commanditaire. Si ces gangsters ne se distinguent pas de leurs « collègues » hantant les ruelles sombres d’autres production, il en est un qui se démarque notablement. Il s’agit en évidemment de « la Griffe » évoqué dans le titre français. Personnage que la Hammer n’aurait pas renié, ce tueur au physique cauchemardesque aurait en effet plus sa place dans un film d’horreur que dans tout autre genre. Un visage inspirant la crainte et le dégoût, vouté, une jambe folle et une main droite amputée remplacée par un crochet dont il use et abuse pour tuer, ou plutôt massacrer. Un individu qui, à l’instar du Gruesome de Dick Tracy contre le Gang, manque de peu de faire verser ce polar dans le fantastique. Et c’est pourtant bien ce dernier l’intérêt premier du film.

Encore une fois, le programme relativement court, à peine une heure, oblige John Rawlins à dégraisser son intrigue jusqu’à l’os. Ne s’embarrassant pas de scènes d’exposition inutiles, il fait immédiatement du spectateur le témoin du braquage qui se révèlera fatal à l’un des vigiles. En quelques plans, les différents personnages sont définis. Reste plus au réalisateur qu’à développer une intrigue fort peu originale il est vrai mais agréable à suivre. Peu originale à une petite exception près. En effet, l’affaire des fourrures n’est qu’une « pause » pour Tracy qui est sur la piste d’un certain Harry Hatchet dont le nom est cité au début et à la fin de Dick Tracy contre la Griffe. Malheureusement, cette présentation d’un personnage énigmatique ne sera pas suivie d’effet et l’idée sera abandonnée dès le film suivant.

Si l’équipe technique du film ne change guère entre Dick Tracy contre la Griffe et Dick Tracy contre le Gang, il en est de même pour les décors, réutilisés dans les deux films, comme ce bar, véritable repaire de gangsters où tout semble se tramer. Et ce n’est pas tout puisque comme dans tout bon serial qui se respecte, le casting est en grande partie commun au deux films.

Nous retrouvons donc Ralph Byrd dans le confiant Dick Tracy, Lyle Latell en faire valoir comique, Kay Christopher en petite amie entièrement dévouée à son héros. Face aux habitués, nous retrouvons un parfait Jack Lambert (Les Tueurs, L’Enigme du Lac Noir) dans le rôle du terrifiant la « Griffe », Ian Keith en excentrique poète ami de Tracy (Dick Tracy contre Cueball, Le Charlatan) et Jimmy Conlin (Les Ruelles du Malheur) en aveugle bien voyant. Des seconds couteaux bien installés dans leur personnage respectif et qui donnent un certain cachet à l’ensemble.

Un épisode de plus pour Dick Tracy, toujours aussi plaisant à suivre, d’une simplicité absolu. S’il ne révolutionne pas le genre, Dick Tracy contre la Griffe a pour lui de nous mettre en présence d’un vrai méchant marquant.

Edition dvd :

Aucun dilemme concernant la copie de Dick Tracy contre la Griffe qui se trouve être du même acabit que celle proposée pour Dick Tracy contre le Gang. Contraste aux abonnés absents et images tremblotantes sont le lot quotidien d’une collection qui ne brille pas par le soin apporté aux titres qui la composent. La bande-son, uniquement en version originale sous-titrée français, est claire et puissante. Maigre consolation.

Aucun supplément à l’horizon.

Fiche technique :

  • Réalisation : John Rawlins
  • Scénario : Robert Stephen Brode
  • Musique : Paul Sawtell
  • Photographie : Frank Redman
  • Montage : Marvin Coll
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Film policier
  • Durée : 60 minutes
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