Dick Tracy (Dick Tracy, Detective)

Dick Tracy (Dick Tracy, Detective)

Synopsis :

Dick Tracy est chargé de faire la lumière sur une série de meurtres particulièrement violents dont l’auteur semble être le redoutable Splitface, Le Balafré.

Critique :

Avant que Ralph Byrd ne reprenne la main sur son personnage fétiche de Dick Tracy au cinéma en 1947 – il l’a incarné entre 1937 et 1941 dans quatre serials de quinze épisodes chacun – Morgan Conway avait été le premier acteur à se glisser dans la peau du célèbre détective sur grand écran et ce pour le compte de la RKO. Déjà.

Entre 1920 et 1930, Eric Taylor publie de nombreuses histoires pour, entre autres, Black Mask, avant de commencer à écrire pour Republic Pictures, studio de production nouvellement créée. Universal (Vendredi 13), Columbia Pictures (The Crime Doctor’s Strangest Case) et RKO bénéficieront alternativement de sa qualité d’écriture. C’est pour ce dernier studio qu’il imaginera deux nouvelles enquêtes pour Dick Tracy version ciné, Dick Tracy Détective et Dick Tracy contre le Gang. Acteur au cours des années 20, devenu producteur et scénariste durant les années 30, William Berke passe à la réalisation au début des années 40 (Why Girls Leave Home). La RKO le charge en 1945 de poser les bases de ce qui deviendra la signature même des films ayant pour héros Tracy, à savoir la propension de ce dernier à faire appel à sa force de déduction et à la science pour élucider les enquêtes qui lui sont confiées. Le directeur de la photographie Frank Redman (Cour Criminelle), que l’on retrouvera également sur les deux derniers opus de la franchise, et le monteur Ernie Leadley (Autant en Emporte le Vent) l’assisteront dans sa tâche.

Ce Dick Tracy premier du nom lorgne vers le film noir bien plus que ne le feront les deux derniers films. Et ce grâce à une photographie inspirée jouant sur les ombres projetées sur les murs de la ville et sur des zones sombres d’où le danger peut surgir à chaque instant. L’intrigue participe aussi grandement à cette sensation tant l’intrigue est tortueuse à souhait et les fausses pistes nombreuses. Bien que l’humour soit déjà présent au travers du personnage de Pat Patton, il reste suffisamment discret pour ne pas faire redescendre la tension de la situation. Mais l’intérêt premier du film est à chercher du côté de son méchant. Défiguré par une balafre, l’homme à la stature impressionnante et aux mains d’étrangleur se révèle être une vraie menace pour la société tant le but poursuivi pourrait faire vaciller les autorités. Dick Tracy est aussi l’occasion de présenter une galerie de personnages que nous suivront, pour certains, tout au long des trois autres films. Le détective fait déjà appel à ses capacités intellectuelles et à sa ruse pour faire éclater la vérité, le fidèle et parfois gaffeur Pat Patton, l’amoureuse Tess Trueheart qui se retrouve régulièrement reléguer au second plan et Junior fils adoptif de cette dernière et apprenti détective amateur. William Berke s’en tire ici avec les honneurs et parvient même à livrer un opus, il est vrai classique, plus proche du film noir que du pur divertissement à l’humour parfois trop appuyé des derniers titres.

Morgan Conway reste principalement connu pour avoir été Dick Tracy le temps de deux films. Force est de constater qu’il l’incarne à la perfection, tantôt romantique tantôt absorbé par son travail. Mais il était écrit que Ralph Byrd était Tracy. Sa carrière suivra celle de la RKO. En perte de vitesse fin des années 40, son nom disparaîtra des tablettes des producteurs comme bon nombre de ses collègues. Anne Jeffreys (Dillinger, l’Ennemi Public n°1), la Tess de Tracy, se révèle plus présente dans un rôle plus étoffé que celle qui lui succèdera lors de l’ère Byrd, Kay Christopher. Finalement, s’il en est un qui aura réussi à tirer son épingle du jeu, c’est bien Lyle Latell (Il Marchait la Nuit). Dans son rôle de faire-valoir, il fait le job. Mais Dick Tracy est une vraie curiosité pour l’amateur de films noirs. En effet, ce titre est l’occasion de retrouver la jeune et belle Jane Greer (La Griffe du Passé) dans son premier rôle. Pas encore fatale mais déjà charismatique. Et quel bonheur de retrouver un autre habitué du genre dans le rôle de l’assassin. Mike Mazurki (Les Forbans de la Nuit, La Main qui Venge), impeccable dans un rôle qui lui va comme un gant ! Impressionnant, il reste l’un de mes acteurs préféré.

Une série B fort agréable, à l’intrigue parfaitement menée de bout en bout par un réalisateur qui s’attache à bien remplir son cahier des charges, au casting impeccable, jouissant d’une très belle photographie et d’une musique prenante signée Roy Webb (La Féline, La Septième Victime).

Edition dvd :

Toujours pas de miracle pour ce Dick Tracy, Détective. La copie est toujours aussi abimée et les images fluctuantes. Seule la bande-son, proposée en version originale sous-titrée français, s’en tire avec les honneurs.

Fiche technique :

  • Réalisation : William Berke
  • Scénario : Eric Taylor
  • Musique : Roy Webb
  • Photographie : Frank Redman
  • Montage : Ernie Leadlay
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Film policier
  • Durée : 61 min
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One thought on “Dick Tracy (Dick Tracy, Detective)

  1. Jane Greer, et le forban de la nuit Mike Mazurki, je n’avais pas identifié sur l’affiche les atouts principaux de ce film. Me voilà bien mieux armé pour suivre les enquêtes de Dick. Merci du tuyau. 😉

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