Diffamation (Rumford) de Viviane Andereggen

Diffamation (Rumford) de Viviane Andereggen

Synopsis :

Luisa Jobst, jeune et jolie institutrice du sud de l’Allemagne, voit sa vie s’effondrer lorsqu’elle est victime d’un cyber harcèlement.

Critique :

Diffamation publique : « La diffamation publique est une diffamation qui peut être entendue ou lue par un public étranger à l’auteur des faits, sa victime et un cercle restreint d’individus liés à ces derniers. C’est le cas de propos prononcés en pleine rue, publiée dans un journal ou sur un site internet.

Les propos tenus sur un réseau social peuvent aussi être considérés comme une diffamation publique. Selon le verrouillage choisi par le détenteur du compte, les propos tenus peuvent être accessibles à tout internaute ou à un cercle plus ou moins restreint d’amis.

Si les propos tenus sont diffusés sur un compte accessible à tous, il s’agit d’une diffamation publique.

Le fait qu’une diffamation ait été prononcée dans un lieu fermé n’en fait pas forcément une diffamation non publique. Des propos criés dans une cour d’immeuble, parce qu’ils peuvent être entendus par tous les occupants (qui ne se connaissent pas forcément) et leurs invités, constituent une diffamation publique« .

Tout commence par l’envoi d’une photo intime de la jeune institutrice sur la boîte mail de l’école. D’autres suivent. Cette fois-ci accessibles à tous, professeurs comme parents d’élèves. Il n’en faut pas plus pour que la rumeur enfle, que les mauvaises langues se délient, que les soutiens d’autrefois tournent les talons. Une descente aux enfers où les repères de la vie quotidienne volent en éclat les uns après les autres. L’anonymité du harceleur participe à déstabiliser sa victime qui se met à douter de tout ceux qui l’entourent. Jusqu’à ce que Luisa craque définitivement.

Mais la structure même de l’intrigue est, à l’image de l’esprit de Luisa, destructurée. Diffamation débute par une battue en forêt et sur les bords d’un lac par les forces de police. Parce que tout porte à croire que Luisa est morte, assassinée. La suite ne sera qu’une succession de flashbacks parfaitement maîtrisés par une réalisatrice au savoir-faire indéniable. L’enquête (présent) et les faits en eux-mêmes (passé) s’imbriquent avec le plus grand naturel jusqu’à un final qui tient plus du twist que d’une conclusion naturelle. Je n’en dévoilerai pas plus, Diffamation étant toujours disponible sur Arte.tv et ce jusqu’au 10 décembre.

Mais il faut plus qu’une écriture intelligente et une réalisation efficace pour faire croire en cette histoire aux spectateurs. Viviane Andereggen s’appuie donc sur un casting de qualité dominé par une éblouissante Rosalie Thomass. L’actrice, d’une beauté très années 50 – là encore, le final sera en adéquation avec son look très étudié -, parvient à restituer le moindre des sentiments qui l’animent. Les autres acteurs sont au diapason et jouent avec justesse et force.

Belle surprise que cet excellent téléfilm, flirtant parfois avec le cinéma d’Hitchcock, autour d’un sujet toujours autant d’actualité.

Fiche technique :

  • Réalisation : Viviane Andereggen
  • Scénario : Claudia Kaufmann, Britta Stöckle
  • Image : Martin Langer
  • Montage : Constantin von Seld
  • Musique : Annette Focks
  • Pays : Allemagne
  • Genre : Thriller
  • Durée : 88mn

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2 réflexions sur « Diffamation (Rumford) de Viviane Andereggen »

  1. Je note les couleurs des vêtements de l’actrice à la blondeur hitchcockienne qui détonnent dans le paysage. Je tâcherai d’aller voir ça sur le replay. Merci du tuyau.

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