En Quatrième Vitesse (Kiss Me Deadly)

En Quatrième Vitesse (Kiss Me Deadly)

Synopsis : Après avoir été laissé pour mort pour avoir conduit une jeune femme pourchassée, le détective Mike Hammer enquête sur la mort de cette dernière.

Critique : Robert Aldrich est auréolé des succès rencontrés avec ces deux précédents film, Bronco Apache et Vera Cruz, lorsqu’il se lance dans l’adaptation de Kiss me Deadly de Mickey Spillane avec l’assurance qu’il pourra traiter le personnage de Mike Hammer comme bon lui semble. Il en résulte un détective privé macho, sans grande considération pour les femmes, violent, intrusif. Son enquête lui fait croiser le chemin de bon nombre de protagonistes qui, suite à leur rencontre avec Hammer, connaîtront un destin funèbre. Tout au long du métrage, on a l’impression qu’il agit avec un temps de retard par rapport aux événements, qu’il les subit plus qu’il ne les provoque.

La principale différence avec le roman est l’objet (MacGuffin) que tout le monde convoite. Dans le livre, il s’agit d’un sac contenant plusieurs kilos de drogue, alors que dans le film, il s’agit d’une boîte que tout le monde compare à la boîte de pandore. Mais grâce à des éléments disséminés avec intelligence tout au long du film, nous comprenons aisément qu’il s’agit de nucléaire. La fin ne laissera d’ailleurs aucun doute.

Robert Aldrich nous propose une mise en scène tout en plan fixe avec très peu de mouvement de caméra. Ce n’est pas du théâtre, mais la réalisation, statique, nous y fait penser à plusieurs reprises. De plus, les personnages sont toujours filmés en plan serré ou dans des lieux clos ce qui prolonge ce sentiment. Et lorsqu’ils sont en extérieur, les abords sont généralement plongés dans l’obscurité, comme si rien d’autre n’existait.

Le film reflète bien son époque avec des piques au Maccarthysme (cf. la scène d’interrogatoire du détective par la police) et à la peur du nucléaire.

Dynamique, encyclopédie filmée du film noir avec son lot de codes inhérents au genre tout en jouant avec, En Quatrième Vitesse reste encore aujourd’hui une référence en la matière.

Edition blu-ray :

Carlotta nous livre une édition de qualité avec des bonus très intéressants. L’image n’est pas exempte de défauts et le son toujours audible. A voir et à revoir.

Fiche technique :

  • Réalisateur : Robert Aldrich
  • Scénario : A.I. Bezzerides
  • Photographie : Ernest Laszlo
  • Musique : Frank de Vol
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Format : Noir et blanc
  • Genre : Film noir
  • Date : 1955

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