La Clé de Verre (The Glass Key)

La Clé de Verre (The Glass Key)

Synopsis : Accusé du meurtre du fils du sénateur qu’il soutient pour la prochaine élection, Paul Madvig compte sur son bras droit, Eddy Beaumont, pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Critique : Dix ans après sa parution en France, le roman La Clé de Verre de Dashiell Hammett est librement adapté au cinéma en 1942 par Stuart Heisler avec, dans les rôles principaux, Veronica Lake et Alan Ladd alors considérés comme le couple le plus glamour de Hollywood. Autre adaptation notable porté à l’écran par Heisler, La Peur au Ventre de W.R. Burnett. Côté casting La Clé de Verre est la seconde des quatre collaborations du couple vedette après Tueurs à Gages et avant Duffy’s Tavern et Le Dahlia Bleu. Rejoignent le casting, les vétérans Brian Donlevy (Le Carrefour de la Mort avec Victor Mature, Association Criminelle avec Cornel Wilde…) et Richard Denning (Casier Judiciaire de Fritz Lang, Emergency Squad de Cecil B. DeMille…).

L’expression « librement adapté » prend ici tout son sens tant les différences entre le roman et le métrage sont importantes. L’intrigue, dégraissée jusqu’à l’os, ne laisse quasiment aucune place au suspense, le contexte politique et les rapports entre la police et les truands sont survolés. Là où Hammett prend le temps de décrire le contexte dans lequel le drame va se jouer ainsi que les relations existantes entre les différents protagonistes, Heisler, pris par le temps, rentre dans le vif du sujet après une courte exposition et fait entrer en scène son personnage principal féminin dès le début de l’histoire au contraire de l’écrivain qui se servait de cette dernière pour que son héros remette en cause ce qu’il tenait pour acquis et ainsi l’obliger à agir. Aucune surprise à attendre du scénario donc. Linéarité, classicisme et prévisibilité sont les maîtres mots de La Clé de Verre version cinéma.

L’intérêt du film réside autre part. L’arrivée prématurée du personnage de Janet Henry s’explique aisément par l’aura de son interprète, Veronica Lake. Véritable star de l’époque, la magnifique blonde ne pouvait décemment arriver durant le dernier quart du film. Sa froide beauté irradie chaque scène où elle apparaît reléguant ses partenaires masculins à de simples faire-valoir. Elle est celle, indirectement, par qui le drame va se jouer et par qui des amis de longues dates seront amenés à se quitter. Aux côtés de Veronica Lake, nous retrouvons Alan Ladd, son partenaire de l’époque. Moins à l’aise que dans ses autres rôles, son attitude, tout en raideur, laisse perplexe bien qu’un certain charisme se dégage de sa personne.

Mais la plus grosse surprise du film réside dans la liberté de ton dont se permet le réalisateur pour décrire les relations entre Eddy Beaumont et Paul Madvig. Finie la profonde et vieille amitié qui liait les deux hommes dans le roman, place à une sorte de vieux couple dans lequel vient interférer une femme qui les séparera à jamais. Et surtout, que penser de ces rapports mâtinés d’homosexualité, beaucoup plus marqués dans le film, entre Beaumont et Jeff, brute épaisse à la solde du gang adverse, qui semble prendre un plaisir certain à passer à tabac notre héros et le retrouver un peu plus tard pour réitérer ses actes. Rappelons que nous sommes en 1942 et que les différentes ligues de vertus étaient encore extrêmement puissantes. Ce qui donne encore plus de sel à ces deux scènes.

Malgré la simplicité du scénario et un happy end un peu bâclé, La Clé de Verre reste un Film Noir agréable à suivre. Et Veronica Lake est d’une telle beauté…

Fiche Technique :

  • Réalisateur : Stuart Heisler
  • Scénario : Jonathan Latimer
  • Montage : Archie Marshek
  • Musique : Victor Young
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Genre : Film Noir
  • Durée : 85mn

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