La Main qui Venge (Dark City)

La Main qui Venge (Dark City)

Synopsis : Dan Haley organise, avec deux comparses un partie de poker, dans le but de plumer le dénommé Arthur Winant. Ce dernier après avoir gagné une forte somme d’argent revient un second soir et perd l’intégralité de l’argent qu’il avait sur lui et qui ne lui appartenait pas. Blessé dans son amour propre, il se suicide. Son frère, un psychopathe entreprend de tuer les trois joueurs qu’il tient pour responsable de la mort de son frère.

Critique : William Dieterle commence sa carrière comme acteur et réalisateur dans son pays d’origine, l’Allemagne. Invité aux Etats-Unis en 1930 par la Warner, il y réalise son premier long métrage The Last Flight. Bien que non menacé par le nouveau régime allemand, il décide de rester aux Etats-Unis en compagnie de son épouse. Il y restera jusqu’en 1958, date à laquelle il retourne en Allemagne. Avant de s’attaquer à la réalisation de La Main qui Venge, il aura réalisé de nombreux films, tout genre confondu, et assister de grands noms comme King Vidor sur Duel au Soleil.

Nous sommes en 1950 soit quatre ans après la fin de guerre et il est encore d’usage de mettre en scène des anciens combattants. La Main qui Venge ne déroge pas à la règle puisque le personnage interprété par Charlton Heston est un ancien militaire ayant participé à la bataille d’Angleterre tout comme celui joué par Don DeFore ainsi que certains figurants croisés au cours du film. Mais nous sommes ici dans un Film Noir et les personnages ont tous une part plus ou moins sombre en eux. Ainsi, par appât du gain, Dan Hailey ne va pas hésiter à jouer sur la corde sensible d’un passé militaire commun pour embarquer le brave Arthur dans une partie de cartes qui finira par lui être fatale. Et, suite au suicide de leur victime, les trois individus n’auront aucune pensée pour cette dernière, estimant que c’était à lui de refuser de jouer et de savoir s’arrêter à temps, ne prenant d’autre part jamais en compte le fait que la partie était truquée et qu’Arthur n’avait aucune chance de s’en sortir. Seul l’argent compte à leurs yeux. Le trio, composé d’un homme amer ne semblant pas aimé la vie, d’un lâche et d’un trouillard, n’a rien de réjouissant et pourtant il y a pire. Le frère de la victime, Sydney, après avoir découvert le corps de son frère, entreprend de punir les trois hommes qu’il tient pour responsable de ce dernier. Les informations concernant Sydney sont délivrées au compte gouttes au fur et à mesure que le récit avance. Et le portrait qui en est fait fait froid dans le dos. Psychopathe, sur protecteur, il a fait des séjours en prison et en asile psychiatrique. Mais il s’avère être suffisamment intelligent pour échapper à la police qui le traque et sadique pour tuer ses proies de la main façon que son frère, par strangulation. Histoire d’amener un peu de douceur dans ce drame, deux personnages se partagent Charlton Heston, chacune à leur façon. Fran Garland (Lizabeth Scott – L’Emprise du Crime) en amoureuse un temps éconduite et Victoria Winant (Viveca Lindfors – Les Contrebandiers du Moonfleet) qui redonnera à Hailey goût à la vie en même temps qu’un sens moral un peu plus prononcé.

Au casting, nous retrouvons un jeune Charlton Heston, pas encore star. Il interprète avec talent un homme amer au lourd passé qui ne crois plus en rien. Suffisamment antipathique en début de film, il sait faire évoluer son personnage pour le faire quitter le devant de la scène avec un magnifique sourire aux lèvres et accompagné de Fran. Le reste du casting est de qualité mais une fois de plus, Mike Mazurki (Les Forbans de la Nuit) impose son physique et sa présence dans le rôle du psychopathe Sydney. Apparaissant à l’écran pour la première fois en fin de film dans un clair obscur digne d’un film fantastique, il s’impose immédiatement.

La réalisation de William Dieterle est parfaite. Entre une descente de police dans un tripot en début de film et une confrontation finale d’anthologie, il enchaîne les scènes tendues ou intimistes avec le plus grand naturel. Mais c’est sa gestion de la menace latente du personnage de Sydney qui marque durablement. En effet, sans montrer le tueur (seules ses mains sont filmées – le titre français y fait directement allusion) ni même les meurtres commis par ce dernier, il sait instaurer un suspense (les prémices du premier meurtre) et une tension qui ne lâche pas une seconde le spectateur.

La Main qui Venge rassemble tout les codes du genre : une ville qui ne dort pas et quasiment uniquement filmée de nuit, peuplée d’assassins et de voyous prêts à détrousser le premier venu. La réalisation inspirée de Dieterle, le casting de qualité et la présence toujours impressionnante de Mazurki font de ce titre une réussite incontestable du genre.

Edition Bluray :

Sidonis Calysta nous permet de découvrir ce film dans de bonnes conditions exception faite d’un court passage à environ une heure de visionnage où l’image devient tremblotante durant quelques minutes. Mis à part cela, c’est du tout bon pour un film de cet âge. VOST-F et VF présentes, claires et sans souffle, présentant parfois un peu de saturation mais qui ne gêne en rien la compréhension des dialogues ou l’écoute de la musique (très bonne au demeurant).

Côté bonus, nous retrouvons les présentations de Patrick Brion, Bertrand Tavernier et François Guérif ainsi qu’une bande-annonce.

Le film est disponible en dvd ici et en bluray ici.

Fiche Technique :

  • Réalisation : William Dieterle
  • Scénario : Warren Lowe
  • Montage : John Meredyth Lucas
  • Musique : Ben Frost
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Genre : Film Noir
  • Durée : 98 mn

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