La Ronde du Crime (The Lineup)

La Ronde du Crime (The Lineup)

Synopsis : Afin de faire passer sans problème des produits stupéfiants en Douane, des trafiquants ont trouvé la solution : cacher la drogue dans des objets souvenirs achetés pas des touristes puis les leur voler après les contrôles. Deux tueurs aux caractères opposés se lancent sur les traces d’une jeune femme et de sa fille, « mules » malgré elles.

Critique : En 1950, sort sur les ondes de la CBS Radio un série policière, The Lineup. Durant trois ans, les auditeurs suivront les enquêtes du lieutenant Ben Guthrie et du sergent Matt Greb. Devant le succès de l’émission, CBS adapte son show radio en série télévisée qui sera diffusée sur CBS Television entre 1954 et 1960 soit six saisons pour un total de 190 épisodes. Parmi les réalisateurs qui ont officié sur la série, Don Siegel, à qui l’on doit le pilote!

Engagé comme monteur en 1934, Don Siegel travaille sur des œuvres telles que Griffes Jaunes (Across the Pacific) ou Casablanca. Attiré par la réalisation, il se heurte très tôt, en 1942, à Jack Warner qui lui refuse cette possibilité de peur de perdre un monteur de talent. En 1949, il quitte le Studio juste après avoir réalisé son premier long métrage, The Verdict. Avant de s’attaquer à la réalisation de La Ronde du Crime (The Lineup), Don Siegel aura le temps de signer quelques grands films comme Ça Commence à Vera Cruz (The Big Steal) avec Robert Mitchum, Duel sans Merci (The Duel at Silver Creek) avec Audie Murphy, Ici Brigade Criminelle (Private Hell 36) avec Ida Lupino ou L’Invasion des Profanateurs de Sépultures (Invasion of the Body Snatchers) avec Kevin McCarthy.

En 1958, alors que la série bat son plein, Don Siegel est chargé d’en livrer une version cinématographique pour le compte de la Columbia Pictures. Le scénario est écrit par Stirling Silliphant, qui vient de signer celui de Poursuites dans la Nuit (Nightfall) réalisé par Jacques Tourneur avec dans les rôles principaux Aldo Ray et Anne Bancroft. Et un coup de génie va faire de ce Lineup autre chose qu’une simple adaptation.

En effet, Don Siegel choisit de ne pas s’intéresser, comme dans la série, au travail de la police mais plutôt de s’attacher au parcours de deux tueurs de la mafia chargés de récupérer des sachets de drogue cachés, à leur insu, dans des souvenirs achetés par une jeune femme et sa fille lors d’un voyage. Le réalisateur ne fera que survoler l’enquête policière qu’il conclura d’ailleurs par la fameuse lineup du titre, séance d’identification au cours de laquelle plusieurs suspects (en l’occurrence des chauffeurs de taxi) sont alignés devant un témoin. A compter de cet instant, nous serons nous-mêmes témoins des exactions de Julian (Robert Keith, parfait), homme mûr, qui ne commet aucun meurtre mais qui s’évertue à écrire dans un petit carnet les dernières paroles des victimes de son comparse Dancer (Eli Wallach), psychopathe paranoïaque, froid, méthodique, en proie à des accès de folie et qui prend un malin plaisir à faire souffrir ses victimes avant de les abattre froidement. Leur parcours sera parsemé de cadavres jusqu’à ce que la police fasse enfin son retour à l’écran  pour y mettre fin. Pour son second film, Eli Wallach fait l’étalage de toute l’étendue de son talent et son interprétation reste durablement en mémoire. Pour l’anecdote, Warner Anderson reprend ici son rôle du lieutenant Ben Guthrie qu’il tenait dans la série télé.

Le scénario de Silliphant tout en mouvement, les deux tueurs suivent leurs victimes en attendant le meilleur moment pour frapper, permet à Don Siegel de promener sa caméra au travers de la ville de San Francisco comme une sorte de repérage géant pour un film qu’il réalisera treize ans plus tard, L’Inspecteur Harry (certains lieux de tournage seront communs aux deux métrages). Autre point commun entre ces deux films, le tueur en série, véritable bombe à retardement qu’il est impossible de contrôler (Eli Wallach dans The Lineup et Andrew Robinson dans L’Inspecteur Harry).

Matrice des polars urbains des années 60 et 70, de par sa capacité à décrire les agissements  de tueurs professionnels ou de psychopathes, La Ronde du Crime (The Lineup) est une formidable réussite, une de plus, à mettre au crédit de Don Siegel, rehaussée, s’il en était besoin, par une interprétation de très grande qualité.

Edition DVD :

Sidonis Calysta rend tout à fait hommage à ce très bon film grâce à une édition dvd de qualité. L’image est parfaitement contrastée sans aucune griffure ou dégâts. Le son est clair et limpide dans les deux versions.

En bonus, la présentation du film par Betrand Tavernier (25mn) et François Guérif (13mn) et enfin la bande-annonce.

A retrouver en dvd ici

Fiche technique :

  • Réalisation : Don Siegel
  • Scénario : Stirling Silliphant
  • Musique : Mischa Bakaleinikoff
  • Montage : Al Clark
  • Genre : Film Noir
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Durée : 88 mn

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