L’Ange Noir (Black Angel)

L’Ange Noir (Black Angel)

Synopsis : Kirk Bennett est condamné à mort pour le meurtre de Mavis Marlowe, célèbre chanteuse de cabaret. Catherine Bennett (June Vincent) persuadée de l’innocence de son mari, convainc Marty Blair (Dan Duryea), le mari de la victime, de l’aider à le faire sortir du couloir de la mort.

Critique : Roy William Neill connait une certaine notoriété dans les années 30 à Hollywood avant de partir en Angleterre et travailler pour les studios de Gainsborough (Hitchcock y signera Une Femme Disparaît). Il revient aux Etats-Unis durant la seconde guerre mondiale où il met en scène de nombreuses aventures de Sherlock Holmes. En 1946, il réalise L’Ange Noir d’après un roman de Cornell Woolrich avec Dan Duryea, June Vincent et Peter Lorre. Il s’agira de sa dernière réalisation. Il mourra en effet d’une rupture d’anévrisme à la fin du tournage.

La réalisation de Roy William Neill est particulièrement inspirée sur ce film. Que ce soit lors d’un zoom avant sur la chambre de Mavis Marlowe depuis la rue ou des différents raccourcis ponctuant le récit (le procès, les scènes de beuveries ou de souvenirs), le réalisateur fait preuve d’un talent certain pour nous faire partager les angoisses et interrogations des différents protagonistes. Les scènes se succèdent sans temps mort, l’enquête progresse naturellement et la révélation finale est bien amenée. Nous sommes dans le thème connu du Film Noir de la course contre la montre pour sauver un innocent de la mort. Mais il est cependant flagrant que ce n’est pas l’histoire policière qui intéresse véritablement le réalisateur. L’enquête, le procès et la conclusion sont vite expédiés pour laisser place à une histoire d’amour platonique entre June Vincent et Marty Blair. Et c’est ce qui rend L’Ange Noir si particulier.

Nous retrouvons en tête d’affiche deux poids-lourds du genre, Dan Duryea et Peter Lorre, rejoints par June Vincent. Dan Durya donne toute la mesure de son talent en interprétant un homme abandonné par sa femme qu’il a pourtant fait accéder à une certaine popularité. Devenu alcoolique, il viendra cependant en aide à la femme de l’homme accusé du meurtre de sa femme. L’histoire avançant, il tombera sous le charme de June Vincent mais gardera ses distances par respect pour l’homme qui croupit en prison malgré les souffrances que cela peut engendrer. Son amour pour June Vincent est sincère au point d’aller jusqu’au sacrifice ultime… Son jeu dans les scènes de beuverie est criant de vérité et fait parfaitement ressortir le mal-être de son personnage. Peter Lorre, en patron de cabaret sur qui les soupçons vont vite se porter, est encore une fois parfait. Malgré un physique atypique avec ses yeux globuleux et sa nonchalance affirmée (sa façon de laisser pendre sa cigarette à ses lèvres), il déborde de charme et d’intelligence. Et s’avérera redoutable pour nos apprentis enquêteurs tout en présentant un visage tellement humain lors de sa confrontation avec la police dans son bureau. Reste June Vincent, un peu trop monolithique, mais qui incarne un personnage passionnant, à l’exact opposé de celui tenu par Constance Dowling dans le rôle de Mavis Marlowe. Quand cette dernière s’avère être méchante, manipulatrice et à l’occasion maître chanteur, Catherine Bennett est une femme droite, prête à tout pour sauver son mari bien que ce dernier lui ait été infidèle. Elle tiendra tête à ses détracteurs n’hésitera pas à prendre des risques pour arriver à ses fins. Ce serait une erreur d’oublier de citer Freddie Steele dans le rôle de Lucky, bras droit et accessoirement gorille de Peter Lorre. sa présence physique aux côtés de ce dernier est impressionnante. Son passé de boxeur pro y est probablement pour beaucoup.

Un Film Noir romantique de haute volée magistralement interprété et jouissant d’une musique signé Frank Skinner de toute beauté.

Fiche Technique :

  • Réalisateur : Roy William Neill
  • Scénario : Roy Chanslor
  • Montage : Saul A. Goodkind
  • Musique : Frank Skinner
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Genre : Film Noir
  • Durée : 85 mn

Sidonis Calysta nous propose, pour ce second film du coffret, encore une très belle copie sans problème majeur. VO parfaitement claire et un bande originale magnifique.

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