Le Diable et les Dix Commandements – Tu ne Tueras Point

Le Diable et les Dix Commandements – Tu ne Tueras Point

Synopsis :

« Si le Diable n’existait pas, les Dix Commandements n’auraient aucune raison d’être… puisque la tentation n’existerait pas… ».

1967. Trente ans après avoir créé le genre avec Le Carnet de Bal, Julien Duvivier revient au film à sketchs en détournant cette fois-ci les dix commandements en sept histoires complètes liées les unes aux autres par la voix d’un Claude Rich incarnant de manière dématérialisée (ou presque) le Diable. L’avantage du film à sketchs est la possibilité pour le réalisateur de changer de ton d’une histoire à l’autre et de convoquer pléthores acteurs connus. Et Le Diable et les Dix Commandements n’échappent pas à la règle puisque nous retrouvons ici Michel Simon, Micheline Presle, Mel Ferrer, Claude Piéplu, Charles Aznavour, Lino Ventura, Fernandel, Alain Delon, Danielle Darrieux, Jean-Claude Brialy et Louis de Funès pour ne citer qu’eux.

Liste des sept épisodes :

  1. Tu ne Jureras Point
  2. Tu ne convoiteras point, Luxurieux point ne seras et L’œuvre de chair ne désireras qu’en mariage seulement (comptant donc pour trois commandements)
  3. Tu ne tueras point
  4. Un seul Dieu tu adoreras
  5. Tes père et mère honoreras et Tu ne mentiras point
  6. Tu ne déroberas point
  7. Les dimanches tu garderas

Bien que chaque sketch ne parle pas de la même façon à chacun, l’ensemble reste néanmoins cohérent et très agréable à suivre, mention spéciale, pour moi, au segment 6 avec un face à face Brialy / De Funès hilarant et au final surprenant du segment 4 avec Fernandel. Je ne vais pas rentrer ici dans le détail de chaque épisode mais, thème du site oblige, je vais m’arrêter quelques instants sur l’épisode Tu ne Tueras Point avec Charles Aznavour et Lino Ventura.

Critique Tu ne Tueras Point :

Résumé : Denis Mayeux, jeune séminariste, apprend le suicide de sa sœur. Découvrant qu’elle se prostituait, il décide de la venger de son souteneur.

Critique : D’une durée minimaliste ne dépassant pas les vingt minutes, Tu ne Tueras Pas va bien évidemment droit au but. La scène du suicide, filmée en hors champs, ne dure pas plus de quelques secondes, les caractères de chaque personnage sont croqués en quelques lignes de dialogues bien senties et le plan, machiavélique et funeste pour les deux parties, finement élaboré. Ici point de chute cocasse ou d’happy end. Julien Duvivier dégraisse son histoire jusqu’à l’os pour n’en garder que l’essentiel, pour empêcher le spectateur de se raccrocher au moindre espoir. Le propos est sombre. Personne n’en sortira indemne. Ce n’est pas qu’une histoire de vengeance, il y est aussi question de sacrifice ultime. Le Diable a réussi son coup !

Anticléricalisme goguenard, situations dramatiques traitées avec légèreté, exception faite pour Tu ne Tueras Point, Le Diable et les 10 Commandements est un divertissement très agréable à réhabiliter de toute urgence, une certaine presse de l’époque ayant été particulièrement critique à son égard.

Edition blu-ray :

Comme à son habitude Coin de Mire Cinéma se fend d’une superbe édition pour ce film. Le Diable et les Dix Commandements est présenté ici dans un sublime master 4K et surtout dans sa version intégrale inédite. C’est tout bonnement magnifique tant au niveau de l’image que du son.

En guise de bonus, les actualités de la 37ème semaine de l’année 1962, les réclames pour Dupont d’Isigny, Kim Heudebert, Minitips, Jean Mineur, Malefant charcuterie de la Pose, La Meuse, Fermeture Eclair, Savoy Royer et Brun, la bande-annonce de Les Bonnes Causes de Christian-Jaque, un livret 24 pages le tout sous forme de digibook.

Le Diable et les Dix Commandements est disponible ici.

Fiche technique :

  • Réalisation : Julien Duvivier
  • Scénario : Julien Duvivier
  • Dialogues : René Barjavel
  • Montage : Paul Cayatte
  • Pays : France, Italie
  • Genre : Comédie dramatique
  • Durée : 144 minutes

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :