Le Justicier Braque les Dealers (Death Wish 4: The Crackdown)

Le Justicier Braque les Dealers (Death Wish 4: The Crackdown)

Synopsis :

Le justicier reprend les armes après que la fille de sa nouvelle compagne ait succombé à une overdose. Les renseignements utiles à sa nouvelle croisade lui sont fournis par un patron de journal souhaitant éradiquer le trafic de drogue sur Los Angeles.

Critique :

1974, Un Justicier dans la Ville. 1982, Un Justicier dans la Ville II. 1985, Le Justicier de New York. Voilà 13 ans que Paul Kersey arpente les armes à la main les rues de grandes villes américaines tout en dispensant la justice quand la Cannon, toujours sous l’égide de l’inénarrable duo Golan / Globus, décide d’ajouter un quatrième volet à la saga du Justicier. Parce qu’il faut bien l’avouer ses sanglantes et réactionnaires aventures rapportent au box-office ainsi qu’en terme de location de VHS.

Le scénario est confié à Gail Morgan Hickman. Ce dernier a pour lui d’avoir rédigé en ’76 le script de L’Inspecteur ne Renonce Jamais, opus le plus faible de la saga de l’inspecteur Harry Callahan. Pour Le Justicier Braque les Dealers, Hickman va s’inspirer sans vergogne d’œuvres majeures qui ont déjà fait leur preuve. Cette histoire de deux bandes rivales montées l’une contre l’autre par les manœuvres d’un seul individu fait irrémédiablement penser à Yojimbo d’Akira Kurosawa et à son remake Pour une Poignée de Dollars de Sergio Leone. Pour faire bonne mesure, il y rajoute un twist final qui n’a pour seul but que de prolonger la durée du film.

D’abord réticent à reprendre le rôle, Charles Bronson n’accepte finalement qu’à la seule condition que le film soit réalisé par J. Lee Thompson avec qui il avait déjà travaillé sur Monsieur St. Ives ou encore Le Bison Blanc. Et avant de rentrer dans le vif du sujet, nous nous rappellerons qu’il est surtout le réalisateur de réussites formelles comme Les Canons de Navarone avec Gregory Peck et David Niven ou Les Nerfs à Vif toujours avec Gregory Peck et Robert Mitchum. Cela posé, qu’en est-il de ce Le Justicier Braque les Dealers ?

Le film s’ouvre sur une vraie bonne idée. Si, si, je vous assure ! Une femme rejoint sa voiture stationnée dans un parking souterrain. Elle y monte et tente de démarrer en vain. Bien évidemment. Apparaît alors un homme masqué. Puis un second. Puis un troisième. L’apparition de ces trois hommes a quelque chose de surnaturel et l’étirement temporel de la séquence nous le confirme. La suite, les habitués de la saga, s’y attendent. Un viol. Les trois hommes brisent les vitres du véhicule, sortent de force leur victime, la battent et la dénudent. C’est alors que, venu de nulle part, surgit le Justicier qui abat les trois agresseurs. Et Paul Kersey de se réveiller en sueur ! Le Justicier serait-il hanté par ses actions passées ? Par ses victimes ? La question est posée … et aucune réponse ne nous sera apportée !

Parce que dans une production Golan / Globus, la psychologie n’a pas lieu d’être. Seule l’action à droit de cité. Dès lors, Thompson se contente de filmer paresseusement scènes introductives aux scènes d’action et scènes d’action sans véritable enjeu d’ailleurs puisqu’ici le Justicier est indestructible. Le Justicier Braque les Dealers est une « digne » suite du Justicier de New-York pour son côté cartoonesque. Les corps s’envolent sous l’impact des balles, les explosions se multiplient, les véhicules se retournent. Et notre Paul Kersey de traverser ce champ de bataille sans une égratignure. Nous passerons sous silence le côté parfois amateur de l’entreprise. Les mannequins se voient comme le nez au milieu de la figure, mention spéciale pour la scène du restaurant, les rampes pour les cascades automobiles ne sont même pas camouflées… Le film s’étire, devient longuet sur la fin. La faute à un scénario trop simpliste, trop linéaire. Mais aussi à une interprétation quelque peu limite.

Avec ses 66 ans au compteur, Charles Bronson arrive encore à donner le change sur la plupart de ses scènes même s’il est fait appel à une doublure pour les combats à mains nues. Doublure, là encore, peu discrète, comme lors de cette bagarre avec David Wolos-Fonteno (Le Diable en Robe Bleue). Le reste du casting oscille entre interprétation honorable et franchement mauvaise. Si Kay Ann Lenz (Breezy) et George Dickerson (Blue Velvet) tirent leur épingle du jeu, il en est tout autrement de John P. Ryan (Bound), Soon-Tek Ho (L’Homme au Pistolet d’Or) et surtout Perry Lopez (Chinatown) ici complètement à côté de la plaque. On notera la présence de Tom Everett (Le Messager de la Mort, Danse avec les Loups) et de Danny Trejo (Runaway Train, Heat).

La filiation au film noir ayant été définitivement abandonnée avec l’opus précédent, Le Justicier Braque les Dealers use et abuse des codes du vigilante movie tout en proposant un spectacle plaisant, divertissant et il faut bien le dire régressif voire jouissif. Regarder un opus du Justicier, à partir du troisième, c’est se dire que l’on va poser son cerveau sur la table basse du salon à côté de la pizza et des bières que l’on va partager avec ses potes. C’est le lâcher-prise ultime et en cette période trouble que nous traversons c’est on ne peut plus agréable.

Edition blu-ray :

Sidonis Calysta continue sur sa lancée des trois premiers opus et nous présente Le Justicier Braque les Dealers dans une copie optimale exempte de tous défauts, aux couleurs parfaitement restituées et au niveau de détail élevé. Les gros plans sur les visages sont à ce titre impressionnants. La bande son n’est pas en reste. Puissante et sans souffle, elle est au diapason des images.

Au rayon bonus, c’est le calme plat avec seulement les bandes-annonces de la saga du Justicier.

Le film est présenté en double programme avec Le Justicier, L’Ultime Combat.

Le Justicier Braque les Dealers est disponible en dvd ici et en bluray ici.

Fiche technique :

  • Réalisation : J. Lee Thompson
  • Scénario : Gail Morgan Hickman
  • Photographie : Gideon Porath
  • Montage : Peter Lee Thompson
  • Pays  États-Unis
  • Langue : Anglais
  • Genre : Action, Policier
  • Durée : 96 min

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