Le Messager de la Mort (Messenger of Death)

Le Messager de la Mort (Messenger of Death)

Synopsis : Garret Smith, journaliste au Denver Tribune, couvre le massacre de toute une famille de mormons dans le Colorado. Les autorités pensent trouver les auteurs des meurtres au sein même de cette communauté mais Smith soupçonne lui un complot d’une toute autre envergure.

Critique : Rex Burns (Raoul Stephen Schler) est né le 13 juin 1935 à San Diego. Il fait des études en littérature et obtient une licence en lettres à l’université de Stanford au sud de San Francisco (Californie) et une maîtrise à l’université du Minnesota située dans les villes de St Paul et de Minneapolis (les Twin Cities). Après un engagement de trois ans au sein du corps des Marines, il devient professeur d’anglais à l’université du Missouri puis à celle du Colorado. A l’âge de 40 ans, il publie The Alvarez Journal (Prix Edgar Alan Poe), premier roman d’une série en comportant 11 et narrant les enquêtes du détective Gabe Wager de la police de Denver, flic chicano raillé par ses collègues racistes et rejeté par sa propre communauté qui le considère comme un traître. En 1983, est publié The Avenging Angel (le 5ème opus) qui sera adapté au cinéma sous le titre Le Messager de la Mort (Messenger of Death). L’écriture du scénario est confiée à Paul Jarrico par la société Cannon Group.

Né Israel Payssah Shapiro, Paul Jarrico fait ses études en Californie. Très tôt engagé en politique, il rejoint le parti communiste durant la Grande Dépression avant d’adhérer au mouvement social-démocrate. Il travaille alors alternativement pour la RKO et la Columbia où il voit son travail récompensé par une nomination aux Oscars en 1942 pour Ses Trois Amoureux (Tom Dick and Harry). Au début des années 50, il est dénoncé par l’un de ses co-scénaristes, Richard Collins, et fait partie de la seconde vague de la liste noire après les Dix d’Hollywood. Ne pouvant plus exercer comme scénariste, il produit un film, Le Sel de la Terre, avant de partir en ’58 en Europe où il y restera à travailler sous divers pseudonymes jusqu’en 1977. Il sera « réhabilité » officiellement en 1997.

La réalisation est quant à elle confiée à J. Lee Thompson, honnête faiseur, sous contrat avec Cannon Group, à qui l’on doit la première version de Les Nerfs à Vif (Cape Fear) avec Robert Mitchum et Gregory Peck mais aussi Les Canons de Navarone (The Guns of Navarone) avec Gregory Peck, David Niven et Anthony Quinn qu’il dirigera à nouveau dans Passeur d’Hommes (The Passage). Le Messager de la Mort est sa huitième collaboration avec Charles Bronson après Monsieur St. Ives (St. Ives), Le Bison Blanc (The White Buffalo), Cabo BlancoLe Justicier de Minuit (10 to Midnight), L’Enfer de la Violence (The Evil That Men Do), La Loi de Murphy (Murphy’s Law), Le Justicier Braque les Dealers (Death Wish 4: The Crackdown) et avant Kinjite, Sujets Tabous (Kinjite: Forbidden Subjects). En d’autres termes, des titres qui fleurent bons les séries B louées en VHS au vidéo-club du coin…

En 1985, sort sur les écrans Witness de Peter Weir avec Harrison Ford. Le film raconte l’histoire d’un jeune enfant amish témoin d’un meurtre à Philadelphie et qui retourne vivre avec sa mère dans sa communauté de Pennsylvanie. Il sera protégé par un flic qui fera l’expérience d’une existence en marge. En plus d’être un thriller efficace, la grande force de Witness est dans le choc de deux cultures, plongeant ainsi le spectateur dans les secrets et les arcanes d’une société dans la société, le renvoyant au siècle dernier. Malgré un postulat de départ proche du film de Weir, ici une communauté mormone, le duo Globus / Golan fait fi de toute psychologie pour faire de l’action le centre du récit. Tout est fait pour mener à ces dernières. Et force est de constater que J. Lee Thompson, alors âgé de 74 ans, sait encore manier sa caméra et mener à son terme avec efficacité une histoire devenue somme toute banale. Ne s’encombrant pas de scène d’exposition, il entre dans le vif du sujet au cours d’une scène particulièrement violente qui voit toute une famille mormone, enfants compris, exécutée par un mystérieux individu. A compter de ce moment, Charles Bronson mènera son enquête entre Denver et le Colorado, entre salons cossus et monde rural. Le tout ponctué d’éclats de violence parfaitement maîtrisés dont une fusillade entre deux familles mormones s’accusant mutuellement du massacre initial et une course poursuite avec deux camions rappelant furieusement le Duel de Spielberg, scènes qui ont la bonne idée de sortir le spectateur d’une sorte de langueur tant le rythme se veut tranquille à l’image d’un Bronson accusant quelque peu son âge mais qui sait aussi redevenir le Bronson de la grande époque quand son jeu se veut plus tendu, plus dur. Le reste du casting est à l’avenant, certains passant complètement à côté de leur personnage (mention spéciale à Penny Peyser) quand d’autres livrent une prestation de qualité en peu de scènes comme cela est le cas de John Ireland.

Malgré un rythme tranquille, Le Messager de la Mort se laisse suivre sans déplaisir grâce à quelques scènes d’action bien tendues et surtout au capital sympathie dont jouit encore Charles Bronson, 16 ans après sa mort!

Edition dvd :

Encore une fois, Sidonis Calysta nous offre de (re)découvrir ce film dans des conditions optimales. Le master est propre, exempt de tous défauts. La photographie de Gideon Porath est parfaitement rendue nous permettant de profiter des magnifiques paysages du Colorado. VF (d’époque, un régal!) et VO font jeu égal, distinctes, puissantes quand il le faut, sans souffle.

Côté bonus, en plus de la présentation du film par Patrick Brion, nous avons droit à un intéressant reportage intitulés Vigilantes, les origines – Une histoire américaine précédé d’un message d’avertissement prévenant de la présence d’images pouvant choquer (nombreuses pendaisons) et d’une bande-annonce.

Le Messager de la Mort est à retrouver en dvd ici et en bluray ici

Fiche technique :

  • Réalisation : J. Lee Thompson
  • Scénario : Paul Jarrico, d’après la nouvelle de Rex Burns
  • Musique : Robert O. Ragland
  • Photographie : Gideon Porath
  • Montage : Peter Lee Thompson
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Policier
  • Durée : 91 min

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