Le Meurtrier avec Robert Hossein

Le Meurtrier avec Robert Hossein

Synopsis :

Walter Saccard est soupçonné de meurtre après la découverte, au pied d’une falaise, du corps sans vie de son épouse. Sa situation s’aggrave lorsque la police apprend qu’il a pris contact avec un libraire lui aussi suspecté de s’être débarrassé de sa femme.

Critique :

Patricia Highsmith, romancière américaine au vingt-deux romans, huit recueils de nouvelles, trente-sept nouvelles isolées et un livre pour enfants. Ecrivaine prolixe, génitrice du peu recommandable Thomas Ripley, qui aura eu pour elle de connaître le succès dès la parution de son premier roman en 1950, Strangers on a Train. Titre adapté dès l’année suivante par Alfred Hitchcock qui en a acquis les droits. The Blunderer (littéralement Le Gaffeur) paraît quatre ans plus tard. Il faudra attendre 1960 pour que le roman, sobrement intitulé Le Meurtrier, ne garnisse les linéaires des libraires français et trois ans de plus pour que Claude Autant-Lara ne le porte à l’écran. Un titre que n’aurait pas renié le maître du suspense. Loin de là.

Parce que force est de constater que les intrigues et les personnages proposés par Patricia Highsmith étaient du pain béni pour Hitch et que Claude Aurant-Lara, pour ce qui est du Meurtrier, a bien révisé son dictionnaire hitchcockien. Voyez plutôt. Un assassin au physique « monstrueux » et à l’accent allemand à couper au couteau qui fait de lui le cousin éloigné d’un Hans Beckert, par exemple. Un héros soupçonné (à tort ?) de meurtre sous constante pression policière et menacé par le vrai meurtrier. Un policier brutal et cynique jusqu’à la caricature. Une femme agressive et revancharde, évidemment brune. Une maîtresse amoureuse et bienveillante, évidemment blonde. Tous ces habitués, croisés au grès des films du maître, sont une nouvelle fois entraînés malgré eux dans une course en avant, une danse de mort, où la vérité se doit de triompher.

Avec de telles origines, Claude Autant-Lara pouvait-il nous livrer autre chose que ce qu’il nous propose avec Le Meurtrier ? Il est évident que non. Le cahier des charges, imposé par le matériau d’origine, se doit d’être rempli. Mais loin de se comporter en simple tâcheron, il s’approprie son sujet en gérant à la perfection les scènes de suspense, manœuvrant le spectateur à sa guise grâce à un sens du timing parfait. Les face-à-face entre les protagonistes sont tendus à souhait notamment grâce à la qualité des dialogues de Pierre Bost (Chiens Perdus sans Collier). Le Meurtrier ne surprend finalement pas par son originalité mais bien par la maîtrise de son réalisateur.

Claude Autant-Lara s’appuie également sur les prestations sans faille de ses comédiens pour faire du Meurtrier une véritable réussite. Gert Fröbe (Goldfinger) joue avec brio de son physique et de son regard déformé, Maurice Ronet (Plein Soleil – tiens déjà un Patricia Highsmith) est parfait en innocent trouble, Yvonne Furneaux (Répulsion) et Marina Vlady (Les Bonnes Causes) sont les opposées idéales. Robert Hossein (Le Vampire de Düsseldorf) marque durablement les esprits en flic sadique et vindicatif. A tel point que l’on en viendrait presque à lui préférer le tueur… Petit rôle pour Laurence Badie, notre Vera Dinkley favorite.

Contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là, Le Meurtrier ne souffre d’aucune longueur. Claude Autant-Lara orchestre à la perfection ce jeu du chat et de la souris entre police, innocent et assassin. Un film à la manière de parfaitement réussi et divertissant. Mais au fait, Walter Saccard a-t-il tué sa femme ou s’agit-il d’un suicide ?

Edition Blu-ray :

Présenté dans une nouvelle restauration 4K, Le Meurtrier aurait pu atteindre des sommets si quelques pétouilles n’apparaissaient pas de-ci de-là notamment en début de métrage où l’image se fige à deux reprises durant un très très court instant. Mis à part ces quelques infimes désagréments, le master, une fois de plus propre, propose une réelle clarté en pleine lumière et des noirs très profonds. Le niveau de détail est élevé. La bande-son est claire et puissante tout en proposant des dialogues clairs et intelligibles.

Comme à son habitude, Coin de Mire Cinéma propose Le Meurtrier accompagné d’un livret de 24 pages reproduisant des archives sur le film, de dix photos d’exploitation cinéma, d’une reproduction de l’affiche originale, des actualités et des réclames d’époque et d’un film annonce.

Fiche technique :

  • Réalisateur : Claude Autant-Lara
  • Scénario : Jean Aurenche
  • Photographie : Jacques Natteau
  • Montage : Madeleine Gug
  • Pays  France,  Allemagne de l’Ouest,  Italie
  • Genre : Thriller
  • Durée : 104 minutes

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