Les Inconnus dans la Ville (Violent Saturday)

Les Inconnus dans la Ville (Violent Saturday)

Synopsis : Trois hommes arrivent dans une petite ville minière de Pennsylvanie dans le but d’y braquer la banque. Durant cette journée qui se terminera par un bain de sang, la véritable personnalité de certains membres de la communauté sera dévoilée.

Critique : C’est son aptitude à tirer le meilleur parti du Cinémascope, suite à sa réalisation de 20.000 Lieues sous les Mers, que Richard Fleischer se voit confier le projet d’adaptation du roman de William L.Health Les Inconnus dans la Ville.

Vrai film de braquage mais également étude des mœurs, Les Inconnus dans la Ville décrit à la perfection dans sa première parte une communauté bien sous tout rapport mais dont le vernis de la bienséance s’effrite au fil des minutes. On découvre une société gangrenée par la jalousie, le doute, le pouvoir de l’argent, le désir… Sous le soleil de Pennsylvanie, les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être. Et ce sont les braqueurs qui nous font découvrir cette population au gré de leurs repérages, de leurs déplacements en ville, en croisant les différents protagonistes sans qu’il y ait obligatoirement d’interactions entre eux.

La seconde partie, réservée au braquage, à la fuite et à l’inévitable confrontation finale, est d’une efficacité sans faille. La violence, sèche, sans artifice sert le propos. Propos pessimiste puisque les deux seuls personnages ayant véritablement un bon fond en viendront au geste ultime qui remettra en cause, on en doute pas, leur façon de vivre et de se définir. Victor Mature, obligé de tuer par nécessité et qui passera aux yeux de son fils pour un héros contre ses propres convictions, tout comme Ernest Borgnine en adepte de la non-violence et Lee Marvin cynique à souhait, dominent un casting en tout point parfait.

La réalisation est comme toujours chez Richard Fleischer parfaitement maîtrisée. Les plans larges sont d’un naturel confondant, chaque personnage y évoluant avec naturel. Aucun plan, aucun mouvement n’est superflu, tout est fluidité. Et que dire du Technicolor et ses couleurs flamboyantes. C’est tout bonnement fantastique.

Edition Blu-Ray :

Carlotta nous en met plein les yeux avec cette édition en tout point magnifique. Images parfaites, couleurs chatoyantes, son clair et limpide font de cette édition la meilleure façon de redécouvrir ce formidable chef-d’oeuvre.

Roman : A la lecture du roman de William L.Health, on s’aperçoit que Richard Fleischer est resté fidèle au matériau d’origine. Le sujet est là aussi l’étude de mœurs doublée du braquage. Ce dernier est quasiment absent et le final totalement différent de celui du métrage. Pour information, j’ai lu le roman avec sa traduction originale de 1955. Je doute que cette dernière aurait encore bonne presse à l’heure actuelle…

Fiche technique

  • Réalisateur : Richard Fleischer
  • Scénario : Sydney Boehm d’après le roman de William L.Health
  • Musique : Hugo Friedhofer
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Genre : Film noir
  • Format : Couleurs
  • Durée : 90 mn
  • Date : 1955

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :