Message from the King

Message from the King

Synopsis : Jacob King, sud-africain noir du Cap, arrive à Los Angeles pour retrouver sa sœur. Il la retrouvera à la morgue et n’aura dès lors qu’un seul but : découvrir l’identité de ses meurtriers.

Critique : En 1970, un nouveau genre cinématographique sort sur les écrans, le Vigilante Movie ou Revenge Movie. Ces films mettent en scène un héros confronté à l’inefficacité des forces de police ou de la justice après qu’il ait eu (ou l’un de ses proches) à subir une attaque meurtrière ou brutale. Le héros peut être un individu lambda confronté à une violence dont il ignorait tout ou même un membre des forces de l’ordre blasé par les lenteurs de l’Administration ou de la Justice. Le décor est très souvent la jungle urbaine des grandes villes. Parmi les nombreux films de ce genre, je citerai comme étant mes préférés Un Justicier dans la Ville (Death Wish) avec Charles Bronson, L’Inspecteur Harry (Dirty Harry) avec Clint Eastwood, L’Homme des Hautes Plaines (High Plains Drifter) toujours avec Clint Eastwood, Légitime Violence (Rolling Thunder) avec William Devane, Taxi Driver avec Robert de Niro, Le Vieux Fusil avec Philippe Noiret ou Les Chiens de Paille (Straw Dogs) avec Dustin Hoffman. Et désormais, Message from the King.

La mise en scène de Message From The King nous renvoie directement aux influences du réalisateur. De James Ellroy pour la description de la ville de Los Angeles (on pense à la trilogie Lloyd Hopkins) où les communautés se côtoient mais ne se mélangent pas, aux films de vigilante movie de années 70 et particulièrement à Hardcore (1979) de Paul Schrader où un père tente de retrouver sa fille dans le milieu de la prostitution.

Nous traversons en compagnie du héros deux sortes de Los Angeles. Celui des pauvres et ses immeubles miteux, ses hôtels de passes et celui des riches avec ses grands immeubles et ces villas aux personnages bien habillés mais peu recommandables. Un petit bémol sur ces derniers, trop clichés, trop schématiques.

Le point fort du film est sans conteste Chadwick Boseman dans le rôle de Jacob King. Dès sa première apparition à l’écran, lors d’un court interrogatoire de police, il dégage une présence, un charisme incroyable. Son attitude, son regard nous prouvent immédiatement que l’on a affaire à un individu qu’il ne faut pas sous-estimer. Les scènes suivantes ne démentiront pas notre première impression. Et la dureté qu’il dégage n’est en rien réduite par l’empathie qu’il peut avoir pour certains personnages (Kelly, sa voisine ou Armand, le « fils » de sa sœur). Mais à aucun moment il n’oubliera pourquoi il est à Los Angeles et poursuivra son but, sans relâche, sans se laisser distraire. Pas de repos du guerrier pour Jacob, pas de happy end hollywoodien, il n’a pas le temps, il lui reste 6 jours pour faire payer les assassins de sa sœur avant de repartir pour Le Cap. Tout au long du film, le réalisateur distille des petits indices sur qui est réellement son héros. Peu bavard, empathique mais aussi froid et violent. Le twist final est tout simplement parfait et renforce l’impression que l’on a sur Jacob : il ne faut pas le sous-estimer. Cet homme est dangereux.

Les autres acteurs sont au diapason. Alfred Molina en producteur dépravé adepte de la torture et entouré de mignons, Paul Wentworth en pourvoyeur de chair fraîche pour Molina et faisant le lien entre la Mafia et des individus plus « respectables », Teresa Palmer en mère courage n’hésitant pas à se prostituer pour faire vivre sa fille et aidant à l’occasion Jacob. Chacun est parfait dans son rôle.

Malgré quelques petits défauts, Message From The King est un excellent revenge movie habité par un Chadwick Boseman littéralement investi dans son rôle.

Fiche Technique

  • Réalisation : Fabrice du Welz
  • Scénaristes : Stephen Cornwell et Oliver Butcher
  • Musique : Vincent Cahay et Felix Penny
  • Pays d’origine : USA, GB, France, Belgique
  • Format : Couleurs
  • Durée : 102 mn

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