New-York Confidentiel (New-York Confidential!)

New-York Confidentiel (New-York Confidential!)

Synopsis : Charlie Lupo, à la tête du Syndicat du crime basé à New York, rencontre des difficultés avec certains de ses « associés », sans parler des forces de l’Ordre qui rêvent de le faire tomber, des politiciens véreux qui cherchent à se servir de son influence pour signer un contrat pétrolier mirobolant et de sa fille, Katherine, qui ne supporte pas l’homme qu’il est. Pour tenter de faire face, il fait appel à Nick Magellan, le fils de son meilleur ami aujourd’hui disparu.

Critique : 1955. Edward Small achète les droits du roman New York Confidential! des journalistes Jack Lait et Lee Mortimer avant que Clarence Greene, également producteur, n’en signe le scénario en compagnie de Russell Rouse. Ce dernier l’adapte au cinéma et s’entoure d’un casting de choix aux premiers rangs desquels on retrouve Richard Conte, habitué des films noirs (Appelez Nord 777, Les Bas-Fonds de Frisco, Association Criminelle…), Broderick Crawford (L’Ange Noir) et la toute jeune Anne Bancroft (La Charge des Tuniques Bleues, Le Lauréat, Elephant Man…).

Après un générique étonnamment long fait de panoramiques de la ville de New York et une entame en voix off, nous assistons à l’exécution qui va mettre le Syndicat à feu et à sang. Mais loin de nous faire parcourir les bas-fonds de la ville, le réalisateur va s’attacher à nous faire découvrir l’organisation du Syndicat ainsi que ses liens avec la criminalité en col blanc. L’intrigue principale, fortement influencée par le passé journalistique des auteurs du roman original, est criante de vérité. De la hiérarchisation des différents secteurs dominés par l’Organisation au rapports financiers en passant par l’élimination de concurrents voire d’associés, tout est décrit avec intelligence et précision. Afin de s’adresser au plus grand nombre, une sous-intrigue familiale vient finir d’obscurcir un tableau déjà bien sombre, rendant le récit absolument passionnant.

M (1951) de Joseph Losey avait déjà bien défraîchi le sujet en nous présentant l’Organisation pourchassant le tueur d’enfants comme hautement structurée mais étendait également son récit à la « main d’oeuvre » alors que New York Confidentiel se contente de nous mettre en présence du sommet de la hiérarchie, celle qui n’a pas peur de se montrer au grand jour car travaillant sous des dehors de respectabilité reconnue de tous. C’est cette même respectabilité qui lui permet de « travailler » de consort avec des politiciens et donc d’asseoir un peu plus sa reconnaissance. Ce qui n’en fait pas moins d’eux des criminels.

Bien sûr, la figure imposée des hommes de main ne sont pas oubliées avec les rôles tenus par Richard Conte et Mike Mazurki, dans des registres différents. L’un est froid et loyal envers son patron quand le second est sanguin et n’hésitera pas à dénoncer ses commanditaires à la police contre la protection de cette dernière.

Outre les difficultés rencontrées avec la gestion du Syndicat et ses partenaires politiciens, Lupo doit faire face à sa fille Katherine qui, refusant d’être la fille de, décide de couper les ponts avec lui et de tenter de subvenir elle-même à ses propres besoins malgré les appels à la prudence de Nick Magellan, envoyé par Lupo qui voulant gérer sa fille comme il gère le Syndicat n’arrive pas à lui faire entendre raison. Le Destin s’acharnant sur Lupo, et par extension sur les personnes qui lui sont proches, son désir d’indépendance se verra contrarié par la Police qui possède enfin un point d’entrée dans l’Organisation de son père en la personne de Mazurki.

Côté casting, Richard Conte apporte toute son ambiguïté à un personnage loyal à Lupo mais qui n’hésitera pas à suivre les règles édictées par ce dernier pour sauver le Syndicat en l’abattant. Broderick Crawford impose son physique dans le rôle du grand patron du Syndicat incapable de se sortir des ennuis tant familiaux que « professionnels ». Anne Bancroft et Marylin Maxwell sont les deux faces d’une même pièce, l’une représentant la droiture alors que l’autre, se servant du monde dans lequel elle évolue, ne voit que par ses conditions de vie.

Film Noir par excellence où le Destin n’épargnera personne, New-York Confidentiel nous permet d’évoluer dans les hautes sphères de la criminalité organisée au travers du regard de Nick Magellan, personnage attachant malgré la violence dont il peut user. La réalisation de Russell Rouse, passant de l’intime au mouvementé, est parfaite et sans temps mort. En quelque sorte une version du Parrain de Coppola en avance de 17 ans.

Edition dvd :

Malgré de réels défauts de pellicule (images tremblotantes, surexposition, tâches), New-York Confidentiel se laisse regarder sans aucun problème. La VO est claire et puissante.

New-York Confidentiel est disponible en dvd ici

Fiche technique :

  • Réalisation : Russell Rouse
  • Scénario : Clarence Greene et Russell Rouse
  • Montage : Grant Whytock
  • Musique : Joseph Mullendore
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Film Noir
  • Durée : 88 mn

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