Nuit de Brume (I Dimma Dold)

Nuit de Brume (I Dimma Dold)

Synopsis :

Après avoir abattu son mari de plusieurs balles, Lora Willding erre dans les rues de Erstaviken tout en se remémorant les circonstances qui l’ont mené au crime. L’inspecteur de police Kjell Myrman pressent pourtant que tout n’est pas aussi simple qu’il n’y parait.

Critique :

Taxer l’intrigue de Nuit de Brume de compliquée est un doux euphémisme. Et si Bosley Crowther, critique cinéma pour le New York Times trouvait La Griffe du Passé bien trop tortueux, je n’ose imaginer ce qu’il aurait pensé de ce film suédois. Tout démarre pourtant le plus simplement du monde. Une femme tue son mari. Cherchant à rejoindre son appartement en ville où l’attend un alibi en béton, elle prend la fuite en voiture. Mais elle roule bien trop vite par cette nuit de bouillard et l’inévitable accident survient. Après des heures d’errance à travers la ville, rongée par la culpabilité, elle finit par se rendre aux autorités. Cette partie de l’histoire est l’occasion pour le réalisateur Lars-Eric Kjellgren de se créer une filiation indéniable avec le film noir américain en alternant présent et passé au moyen de flashbacks didactiques. Ce n’est évidemment pas la seule règle qu’a retenue Kjellgren. Notre flic de service porte imperméable et stetson comme Mitchum, la blonde innocente la dispute à la brune fatale et vénale. Surtout, l’ombre d’une femme de fiction plane sur Nuit de Brume. Laura. LA Laura d’Otto Preminger. A tel point que notre héroïne suédoise se prénomme Lora et que son portrait trône au-dessus de la cheminée comme celui de son éminente modèle. Mais Lars-Eric Kjellgren reste conscient de son talent et situe son « Laura / Lora » bien en-dessous de celui de 44 comme il le fait dire au flicard qui estime que le portrait de Lora ne rend pas hommage à son modèle.

Passé cette longue introduction dans le plus pur style de, l’enquête et son dénouement lorgnent vers la perfide albion. Agatha Christie et son Hercule Poirot de détective inspirent dès lors fortement les scénaristes. Les protagonistes sont tour à tour soupçonnés avant d’être réunis dans une seule pièce où le policier démasquera le coupable. Cette partie est la moins réussie. La faute à une complexité superflue. Cette histoire de pilules empoisonnées qui ne le sont pas, mais en fait si, mais pas toutes, encore que… peut perdre les spectateurs peu attentifs. Cependant, le final relève le niveau et le marquant plan final que n’aurait pas renié Hitchcock, et dont est tirée l’image ci-dessous, laisse planer le doute sur l’implication réelle de la veuve innocentée.

Ce film à l’intrique sous influence l’est aussi de par son casting. Ici, acteurs et actrices semblent singer leurs homologues américains. Eva Henning, pourtant très Nouvelle Vague, en blonde ersatz de Lizabeth Scott, Sven Lindberg aux attitudes d’un Dana Andrews et Sonja Wigert se la jouant Ava Gardner manquent singulièrement de personnalité. Leur interprétation est de qualité mais les emprunts sont bien trop évidents.

Nuit de Brume, bien que divertissant, ne dépasse jamais le stade de l’hommage, ne parvenant jamais à s’approprier le genre. Dommage.

Fiche technique :

  • Réalisation : Lars-Eric Kjellgren
  • Scénario : Vic Sunesson
  • Photographie : Gunnar Fischer
  • Montage : Tage Holmberg
  • Musique : Mark IshamErik Nordgren
  • Pays  Suède
  • Genre : Policier
  • Durée : 88 minutes
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