Plus Dure Sera la Chute (The Harder they Fall)

Plus Dure Sera la Chute (The Harder they Fall)

Synopsis :

Benko, manager de boxe véreux, engage Eddie Willis, journaliste au chômage, pour faire la promotion d’un boxeur sans talent, réalisant ainsi une combine qui devrait leur rapporter beaucoup d’argent au préjudice du sportif.

Critique :

1947. Budd Schulberg, alors écrivain sportif, signe son troisième roman, The Harder They Fall, sur le monde de la boxe. Il sera édité en France sous le titre Knock-Out en 1949 avant d’être ré-édité en 2003 sous le titre Plus Dure Sera la Chute. 1956. Philip Yordan, qui signe le scénario, garde comme thème principal la critique acerbe du monde de la boxe fait de magouilles et de non respect. Mark Robson (L’Express du Colonel Von Ryan, Les Centurions, Tremblements de Terre…) signe la réalisation pour le compte de la Columbia Pictures. Il s’entoure du vétéran Humphray Bogart (Casablanca, Key Largo, Les Passagers de la Nuit…), Rod Steiger (Docteur Jivago, Dans la Chaleur de la Nuit, Amityville, la Maison du Diable…) alors en début de carrière et Jan Sterling (Même les Assassins Tremblent, 1984…).

Inspiré de la vie d’un boxeur ayant réellement existé, Primo Carnera, Plus Dure Sera la Chute nous permet de découvrir un monde où la corruption règne en maître. Et l’argent est évidemment la finalité de toute chose. Chacun cherchant à s’enrichir au préjudice de l’autre, les spéculations vont bon train entre les managers des différents combattants afin de truquer les combats et se faire un maximum de bénéfice sur les paris. Les boxeurs sont considérés comme des animaux n’ayant pas le droit à la parole sauf lorsqu’ils ont une certaine notoriété. Alors, ils se comportent eux-mêmes comme des managers avides d’argent, perdant ainsi tout orgueil pour une poignée de billets supplémentaires. Une faune (femmes et hommes) gravite dans cet univers prête à tout pour obtenir les faveurs de managers décidément tout puissant. On découvre au détour d’un combat les petites techniques pour qu’un boxeur déclare forfait sur blessure en plein combat : de la paille de fer dans le protège dents. Idéal pour saigner sans trop se blesser et stopper le pugilat.

Humphrey Bogart, alors en fin de vie, interprète ici un journaliste usé plus attiré par l’argent que par la probité et le respect des boxeurs. Son jugement évoluera au fur et à mesure qu’il prendra conscience de l’étendue du pouvoir des managers se faisant de l’argent sur le dos des combattants et n’hésitant pas à se les échanger comme du simple bétail. Finissant par ouvrir les yeux, il se retournera contre son employeur au péril de sa vie et décidera d’écrire une série d’articles sur ce dernier dénonçant ses agissements. Le dernier plan du film montrant un Humphrey Bogart aux traits tirés est emprunt de nostalgie et de reconnaissance pour un homme qui aura marqué pour l’éternité le cinéma.

Face à cette prise de conscience, Rod Steiger, manager véreux à la tête d’une petite armée de gros bras, impose sans mal une présence dangereuse pour tous ceux qui l’entourent. Louvoyant sans cesse, il alterne violence et bienveillance avec naturel dans un seul but : faire de l’argent même si pour cela il doit écraser les autres. Et encore une fois, la scène finale permet de révéler définitivement sa vraie nature. Il est potentiellement très dangereux et Rod Steiger est simplement extraordinaire dans ce rôle. Le reste de sa carrière prouvera qu’il est un très bon acteur. Mention spéciale à Mike Lane, acteur et lutteur professionnel, dans le rôle de Toro, boxeur lourd sans talent mais que son manager véreux veut faire combattre contre le champion du monde pour mieux le lâcher et faire un maximum de bénéfice. Il apporte à son personnage une candeur toute enfantine, vierge de toutes mauvaises pensées.

Une réalisation efficace, une description précise du monde de la boxe, un casting solide au premier rang duquel Humphrey Bogart, touchant dans son dernier rôle, font de Plus Dure Sera la Chute une pièce importante dans l’histoire du Film Noir.

Edition dvd :

Magnifique édition proposée par l’éditeur Sidonis Calysta avec un très beau master lumineux où surnagent seulement deux petites pétouilles. VF étouffée mais VO d’une belle ampleur.

En bonus, nous retrouvons des présentations de Bertrand Tavernier et François Guérif.

Le film est disponible en dvd ici et en bluray ici

Fiche Technique :

  • Réalisation : Mark Robson
  • Scénario : Philip Yordan
  • Montage : Jerome Thoms
  • Musique : Hugo Friedhofer
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Film Noir
  • Durée : 108 mn

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