Police Puissance 7 (The Seven-Ups)

Police Puissance 7 (The Seven-Ups)

Synopsis : Buddy Manucci, patron de la brigade anti-gang new-yorkaise, entre en guerre ouverte contre la pègre lorsque l’un de ses hommes est tué en opération. Dans le même temps, certains membres importants de la mafia sont enlevés et des rançons exigées pour leur libération.

Critique : L’homme de trois films. Philip d’Antoni aura eu une carrière très courte mais marquée par le sceau de la réussite et non des moindres : Bullit de Peter Yates avec Steve McQueen, French Connection de William Friedkin avec Gene Hackman et Roy Scheider ainsi que Police Puissance 7 qu’il réalise et où il retrouve Roy Scheider. Deux productions pour une seule et unique réalisation. Après ce film, il quittera l’industrie du cinéma pour se consacrer à la production à la télévision.

Passons sur le titre français qui ne veut rien dire et attardons nous quelques instants sur le titre original, The Seven-Ups. Ce titre fait directement référence aux cibles de la brigade anti-gang, à savoir les auteurs d’infractions susceptibles de leur valoir au minimum une peine de 7 ans d’emprisonnement. Le décor est posé, nos policiers ne s’occupent pas du menu fretin et laissent ça aux flics en tenue.

Le cinéma policier des années 70 ne baigne plus dans le surréalisme allemand dont s’est approprié le Film Noir dans les années 40. Les réalisateurs filment dans le dur, en pleine réalité. Police Puissance 7 ne déroge pas à la règle. Lumière cru, prise de vue en pleine rue laissée ouverte à la circulation et aux piétons, le réalisateur tourne au plus près de ses acteurs et de la population. Par conséquent, la ville apparaît vivante, vraie, sale car pas encore « assainie » par les années Reagan et l’arrivée de ses yuppies.

Point commun entre les trois films à mettre à l’actif de D’Antoni? Une course poursuite automobile haletante qui laisse pantois. Digne héritière des ses prédécesseurs, celle proposée dans Police Puissante 7, d’une durée de plus de 6mn, est elle aussi filmée en rue ouverte, au milieu des autres usagers de la route. Le montage est à couper le souffle. Il a été reproché à cette séquence d’être trop courte pour que le spectateur n’est le temps de craindre pour la vie du héros. Pourtant le danger est bel et bien présent et la conclusion est on ne peut plus clair sur les conséquences des risques pris.

Côté casting, le film est dominé par un Roy Scheider débordant de charisme et totalement investi dans son rôle de flic borderline. En butte à toute hiérarchie, il n’hésite pas à employer des méthodes limites pour arriver à ses fins ce qui lui vaut la réprobation de certains de ses collègues quand d’autres le couvrent, conscients de ses résultats. Aucune indication sur une éventuelle vie de famille. Sa famille semble se borner à ses collègues de travail dont il est très proche. Ce qui rend sa réaction d’autant plus naturelle lorsqu’il constate la mort de l’un de ses hommes. Il semble encore très proche du quartier, italien, dans lequel il a grandi et où les habitants le connaissent par son prénom. Reste d’une enfance que l’on soupçonne compliquée, il fréquente un petit malfrat, ami d’enfance, qui le renseigne sur les activités de la pègre. Ce dernier, désireux de se faire une place au soleil, s’associera à deux personnages très dangereux qui le mèneront à sa perte. Il est à noter que le film est totalement dénué de personnage féminin.

Effacé par Roy Scheider, le reste du casting fait figure de seconds rôles tant l’acteur vampirise l’écran. Je sortirais cependant du lot le duo de tueur, Bo et Moon. Alors que Bo (Bill Hickman, déjà vu dans Bullitt) est un vrai taiseux, Moon (Richard Lynch) incarne un psychopathe qui deviendra sa marque de fabrique le restant de sa carrière (Invasion USA, Halloween de Rob Zombie,…). Avec son visage brûlé (résultat d’une immolation par le feu en plein Central Park sous l’influence de psychotropes), on le sent dangereux et ingérable autant pour ses adversaires que pour ses commanditaires. Notons également la présence de Joe Spinell, dans un petit rôle, et que nous retrouverons dans des films tels que Rocky, Rocky II, The Sorcerer, Taxi Driver et bien sur Maniac.

Polar urbain de haute volée, The Seven-Ups, de par son traitement quasi-documentaire et son interprétation sans faille, est une référence du genre encore trop sous-estimé.

Fidèle à sa réputation, l’éditeur Wild Side nous propose un coffret sans défaut de ce fantastique polar. Entre un master sans défaut rendant parfaitement hommage au travail de d’Antoni, d’une galette bourrée de bonus et d’un très bon livre signé Philippe Garnier, le spectateur est en position idéale pour prendre un immense plaisir devant ce film.

Pour l’acquérir : https://www.wildside.fr/index.php?id_product=68&id_product_attribute=0&rewrite=the-seven-ups&controller=product

Fiche Technique :

  • Réalisation : Philip d’Antoni
  • Scénario : Albert Ruben et Alexander Jacobs
  • Montage : John C. Horger et Stephen A. Rotter
  • Musique : Don Ellis
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Format : Couleur
  • Genre : Polar
  • Durée : 103 mn

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