Pour Toi J’ai Tué (Criss Cross)

Pour Toi J’ai Tué (Criss Cross)

Synopsis : Steve Thompson (Burt lancaster) , convoyeur de fonds, retrouve son ex-femme, Anna (Yvonne de Carlo), dont il est toujours épris. Cette dernière est sur le point de se marier avec un gangster notoire, Slim Dundee (Dan Duryea). Steve Thompson organise alors le braquage de son propre fourgon blindé avec le secret espoir de doubler Slim et de s’enfuir avec Anna.

Critique : Film réalisé en 1949, Pour Toi J’ai Tué reprend quasiment la même équipe que celle de Les Tueurs réalisé en 1946. On retrouve entre autres Robert Siodmak à la réalisation, Miklos Rosza à la musique, Burt Lancaster dans le rôle principal et pour, encore, une production Universal Pictures.

Pour Toi J’ai Tué bénéficie d’un solide scénario écrit par le talentueux David Fuchs, écrivain américain qui s’est tourné vers Hollywood, ce qui lui a valu d’être quelque peu discrédité aux yeux des lecteurs qui y voyaient là une forme de facilité. D’autant plus qu’il ne s’en est jamais plaint et n’a jamais regretté son choix. Il reprend à son compte un récit, prenant la forme d’un long flashback, le personnage de Burt Lancaster expliquant aux spectateurs comment il en est arrivé là où il en est. Ce qui rapproche encore un peu plus ce film de Les Tueurs, mis en scène suivant le même principe.

Au centre de l’histoire, on retrouve une femme fatale, figure imposée du genre. Mais Siodmak surprend en traitant ce personnage de façon ambigüe. Là où l’on se trouve face à une vraie femme fatale comme par exemple dans Assurance sur la Mort, Pour Toi J’ai Tué nous propose une femme à multiples facettes tantôt manipulatrice, tantôt manipulée, agissant parfois par désir physique pour Lancaster ou par désir de sécurité avec Duryea. Le triangle amoureux est remarquablement écrit et bénéficie de très bons dialogues.

Siodmak prend également ses distances avec un autre cliché du genre. Ce n’est plus le Destin qui s’acharne sur les personnages comme c’est souvent le cas dans le Film Noir. Là, ce sont les choix, les décisions qu’ils prennent qui influent sur leur vie. Les protagonistes de Pour Toi j’ai Tué sont responsables de leurs actes et de leurs décisions. Ils doivent y faire face. Jusqu’au bout. Jusqu’à un dernier plan d’un romantisme affolant, renvoyant aux premières images du film.

Reste la scène du braquage, très efficace et marquante, avec ces personnages cachés sous leur masque à gaz, baignant dans la fumée. Il se devait d’être le point d’orgue de cette histoire, le moment où tout bascule. Siodmak réussit la réalisation parfaite de cette scène.

Pour conclure, Robert Siodmak réalise une belle histoire d’amour autour d’un trio d’acteurs impeccables dans leur rôle, dans un noir et blanc et une gestion de la lumière parfaitement maitrisé. Loin d’être une resucée de Les Tueurs, Pour Toi J’ai Tué est un magnifique film noir pourtant réalisé avec peu de moyens.

Notons la présence de Tony Curtis (il retrouvera Burt lancaster en 1956 pour Trapeze) et Raymond Burr dans de petits rôles non crédités au générique.

En 1994, Steven Soderberg en réalisera le remake sous le titre A Fleur de Peau.

Edition Blu-ray : Elephant Films nous propose encore une fois de découvrir un classique dan de très bonnes conditions. L’image est très belles à quelques tâches près et une scène un peu accidentée. Le travail de Franz Planer est parfaitement restitué. Le son est clair, les dialogues et la musique sans souffle. VO sous-titrée français uniquement. Présentation/analyse de 15mn du film par Eddy Moine.

Fiche technique :

  • Réalisation : Robert Siodmak
  • Scénario : David Fuchs
  • Photographie : Franz Planer
  • Musique : Miklos Rosza
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Format : Noir et blanc
  • Genre : Film Noir
  • Durée : 88mn

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