Protection Rapprochée (Assassination)

Protection Rapprochée (Assassination)

Synopsis :

Jay Killian, vétéran du Secret Service, est affecté à la protection de la first lady américaine sur qui semble peser une sourde menace. Mais leur entente est loin d’être cordiale, ce qui ne facilite pas la tâche de Killian.

Critique :

Protection Rapprochée est la sixième collaboration entre Charles Bronson et la Cannon. Le scénario est confié à Richard Sale, romancier et nouvelliste ayant déjà vu nombre de ses écrits adaptés au cinéma, notamment par Allan Dwan, mais aussi par J. Lee Thompson pour Le Bison Blanc avec déjà Bronson. Peter Hunt, monsieur Au Service Secret de sa Majesté, est engagé pour en assurer la réalisation. Là encore, un habitué de la maison puisque il a déjà dirigé la star dans Chasse à Mort avec Lee Marvin. Hanania Baer (American Warrior), directeur de la photographie, et les monteurs Charles Simmons (La Loi de Murphy) et James T. Heckert (Valdez et de nombreuses séries télé), oui, je sais ils s’y sont mis à deux !, rejoignent l’équipe technique.

Persuadé qu’un film est presque systématiquement le reflet de la société ou du moins qu’il s’en inspire même librement, j’ai toujours eu pour habitude de chercher à rapprocher le long-métrage que je chronique à son époque. 1987. Nous sommes à la mi-temps d’un second mandat pour Ronald Reagan qui a fait couler beaucoup d’encre ( la war of drugs, bombardement de la Libye, la Reform and Control Act, l’Irongate). Protection Rapprochée y fait bien allusion à plusieurs reprises, seulement sous la forme d’un running gag en citant Nancy Reagan, mais c’est bien là la seule accroche que j’ai décelé dans ce film. L’intérêt serait donc ailleurs ? Mais où ?

Dans le scénario ? Non !

Le constat est sans appel. Richard Sale ne s’est pas foulé sur Protection Rapprochée ! Pour l’originalité, il faudra repasser. Le scénariste se contente de diviser scolairement son intrigue en deux parties bien distinctes. La première où les arcanes de la Maison Blanche sont sensés nous être révélés et où protégée et protecteur se bouffent le nez. Une seconde partie en forme de chasse à l’homme au cours de laquelle la First Lady et son garde du corps tentent d’échapper à leurs poursuivants. Problème. A aucun moment, le spectateur ne croit à ce qui se passe à l’écran. La faute à des situations fort peu crédibles. Comment imaginer qu’une première dame puisse se comporter de façon aussi conne (même si je reconnais que certaines doivent être sacrément gratinées) ? Comment imaginer que le Secret Service laisse la First Lady baguenauder en pleine cambrousse avec des tueurs aux trousses ? Comment croire que ces mêmes agents gouvernementaux préfèrent abattre les suspects plutôt que de les neutraliser et les interroger ? Mais surtout comment accepter que le scénariste tente de nous faire avaler de telles couleuvres ?

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Les méchants ? Qui ?

« Quand le méchant est réussi, le film l’est aussi » comme disait Hitch (n’y voyez aucune allusion au film avec Will Smith). Parce que dans Protection Rapprochée, les méchants, si on peut les considérer ainsi, ne provoquent à aucun moment chez le spectateur la moindre notion de danger. C’est simple, ils échouent dans toutes leurs tentatives. Ratée la tentative d’abattre un hélicoptère avec un missile thermo-guidé. Ratée la tentative de descendre leurs cibles avec force chargeurs de fusil et pistolet mitrailleur. Ratée la tentative de se fondre dans la foule et ainsi passer inaperçu (il faut dire qu’être déguisé en flic avec une perruque jaune pisse, ça aide pas !). Si on reprend au pied de la lettre la citation plus haut alors Protection Rapprochée est un échec parce que les méchants ne tiennent pas la route. Il était quand même sacrément talentueux notre Hitchcock (oui, c’est bien lui que je citais).

Dans la réalisation ? Non plus !

On a connu Peter Hunt plus inspiré. Son Au Service Secret de sa Majesté est à mon sens l’un des tout meilleurs James Bond. Gold, Parole d’Hommes (Lee Marvin / Roger Moore) et Chasse à Mort (Charles Bronson / Lee Marvin) étaient d’une efficacité sans faille en plus d’être franchement dépaysants. Pour Protection Rapprochée, on sent Hunt sacrément gêné aux entournures, comme si le sujet ne l’intéressait que moyennement. Il se contente de suivre tranquillement les péripéties d’une intrigue cousue de fil blanc. Paresseux, il ne cherche même pas à masquer aux yeux du public les doublures de la star. Sans parler des explosions et autres trucages dignes de mauvais téléfilms de feue La Cinq. En manque cruel d’inspiration, Hunt nous livre là ce qui restera certainement sa pire réalisation. Et, pour un dernier long-métrage, c’est bien dommage. Que celui qui a cité Les Oies sauvages 2 se dénonce ?

Dans l’interprétation ? Mouais !

Charles Bronson (Le Bagarreur) se fait vieux et ça se sent. Âgé de 66 ans, il est normalement diminué physiquement même s’il présente encore bien. Le réalisateur en a conscience et se contente de le filmer dans des attitudes statiques, jamais trop en mouvement. Les doublures, elles, se font plus présentes. La fin d’une ère. Face à lui, une Jill Ireland, elle aussi sur le déclin. Le cancer qu’elle traîne depuis 3 ans n’aide pas. Ce sera son dernier film. Cependant, le couple prend plaisir à se renvoyer la balle et c’est avec un petit pincement au cœur qu’on les quitte. Le reste du casting fait de la figuration. Mention spéciale à une Jan Gan Boyd ridicule qui ne cherche tout au long du film qu’à se faire « sauter » par son collègue Bronson…

Protection Rapprochée ne présente que très peu d’intérêt. Clint Eastwood, sur un sujet très proche et devant la caméra de Wolfgang Petersen, fera beaucoup mieux en 1993 avec Dans la Ligne de Mire. Seuls les vrais aficionados de Charles Bronson y trouveront leur bonheur. Les autres, non. Personnellement, je passe !

Édition Bluray :

Encore un inédit en HD à mettre au crédit de Sidonis Calysta. Malheureusement, le master de Protection Rapprochée souffle le chaud et le froid tant il s’avère irrégulier. Après un générique qui laisse présager du pire, l’image se stabilise quelque peu et oscille entre bon et franchement moyen. La faute à un fourmillement régulier et plus ou moins envahissant. La bande-son, proposée en version française et en version originale sous-titrée français, s’avère claire et sans souffle.

Protection Rapprochée est complétée par une présentation du film par Gérard Delorme et une bande-annonce.

Protection Rapprochée est disponible directement auprès de Sidonis Calysta ici.

Fiche technique :

  • Réalisation : Peter Hunt
  • Scénario : Richard Sale
  • Photographie : Hanania Baer
  • Montage : James Heckert et Charles Simmons
  • Musique : Valentine McCallum et Robert O. Ragland
  • Pays : États-Unis
  • Genre : Film d’action
  • Durée : 105 minutes

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2 thoughts on “Protection Rapprochée (Assassination)

  1. Le vendredi, c’est Charlie ! Vu il y a un bail sur TF1 et depuis j’en garde un piètre souvenir. A voir néanmoins pour la dernière (ou l’une des dernières) apparition(s) de Jill Ireland à l’écran… C’est sûr, le Peter Hunt des excellents « Au Service Secret de sa Majesté » et « Chasse à mort » est ici aux abonnés absents… Sur un thème similaire, mieux vaut effectivement (re)voir le bien mieux charpenté « Dans la Ligne de Mire ». Mais miracle : j’ai quand même l’impression que « Protection rapprochée » reste bien plus fréquentable qu’un « Bodyguard »… Dis-moi : le père Bronson n’avait-il pas plutôt 66 berges à l’époque de cet « Assassination » ?

    1. Je viens de recompter sur mes doigts et oui, il avait bien 66 ans. La vilaine coquille que je vais vite éradiquer. Et comme nous sommes sur un site démocratique, je devrais me fendre dans les prochains jours de deux articles consacrés à L’Épreuve de Force et à Dans La Ligne de Mire en guise de droit de réponse. Bodyguard reste à mon sens regardable… en faisant autre chose à côté. Un peu comme ces Bronson que je n’apprécie guère mais que je regarde régulièrement d’un œil distrait.

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