Tokyo Joe

Tokyo Joe

Synopsis : Joseph « Joe » Barrett, ancien combattant, revient à Tokyo reprendre en main son bar laissé à un ami durant la guerre. Il apprend que son épouse, Trina, est toujours en vie et s’est remariée. Afin de la reconquérir et pour prolonger son visa de séjour, il décide de monter une petite société de transport aérien avec l’aide du parrain de la pègre locale.

Critique : Tokyo Joe est la première des deux collaborations entre Stuart Heisler (La Clé de Verre) et Humphrey Bogart, la suivante étant Pilote du Diable ayant toujours pour personnage principal un ancien combattant. La star est alors au fait de sa carrière (Casablanca, Key Largo, Le Grand Sommeil…) et pèse considérablement sur les scripts qui lui sont proposés à l’image de ce Tokyo Joe où il tient également le rôle de co-producteur.

Tourné dans l’immédiate après-guerre, Tokyo Joe est d’une importance beaucoup plus historique que cinématographique. En effet, le scénario, signé Cyril Hume sur une histoire de Steve Fisher, est prévisible et la réalisation de Stuart Heisler ne se distingue que lors des scènes mouvementées. Les scènes plus intimistes sont moins réussies en grande partie à cause de Florence Marly, interprète de Trina, sans réel charisme ce qui rend fades les tête-à-tête avec Humphrey Bogart. Face à ce dernier, omniprésent à l’écran et s’étant réservé les meilleures scènes, le casting n’existe quasiment pas à l’exception notable d’Alexander Knox (Les Vikings, Le Jour le Plus Long…), parfait dans son rôle. En outre, les scènes de retrouvailles sur fond de combat de judo et celles avec la jeune fille sont, à mon sens, assez maladroites.

Mais historiquement, Tokyo Joe est un témoignage important d’une époque où le cinéma américain servait aussi à convaincre les spectateurs du bien fondé de l’occupation du Japon par les forces armées américaines. Et ce dans l’intérêt même du peuple japonais. Preuve en est ce scénario où les autorités américaines gardent un œil vigilant sur le patron de la pègre qu’ils soupçonnent de vouloir rapatrier des criminels de guerre et les associer à sa triade pour se retourner contre les américains. Il flotte sur ce métrage un goût de paternalisme où les japonais se montrent déférents devant leurs vainqueurs tandis que ces derniers font preuve de la plus grande mansuétude.

Film que l’on pourrait qualifier de mineur dans l’impressionnante filmographie de Bogart, Tokyo Joe reste un honnête divertissement témoin d’une certaine époque.

Edition dvd :

Sidonis Calysta se fend pour ce film d’une belle copie où sont néanmoins présents les inévitables petits accidents de pellicule inhérents à l’âge de la copie. Le son est clair et la VF de qualité. A noter un « trou » dans la traduction vers les 55mn où les dialogues passent pour quelques secondes en langue originale.

Côté bonus, nous retrouvons les présentations de Bertrand Tavernier et François Guérif.

Fiche Technique :

  • Réalisateur : Stuart Heisler
  • Scénario : Cyril Hume
  • Montage : Viola Lawrence
  • Musique : George Antheil
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Genre : Film Noir
  • Durée : 88 mn

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