Tueur à Gages (This Gun for Hire)

Tueur à Gages (This Gun for Hire)

Synopsis : Un tueur à gages, Raven (Alan Ladd), abat un maître chanteur détenant d’importants documents, pour le compte d’un mystérieux commanditaire. Il est payé par un intermédiaire, Gates (Laird Cregar), patron de cabaret mais finit par s’apercevoir que les billets sont déclarés volés. Traqué par la police, Raven décide de se venger du donneur d’ordres en retrouvant Gates qui s’est enfui.  Il sera aidé par Ellen Graham (Veronica Lake), magicienne dans la revue de Gates et accessoirement au service du Sénateur Burnett qui traque des espions à la solde des japonais.

Critique : Les Etats-Unis entrent en guerre contre le Japon suite à l’attaque de la base de Pearl Harbor le 07 décembre 1941. Le Film Noir, qui jusqu’ici ne traitait que de criminalité au sens large du terme, s’empare de la crise mondiale pour créer un nouveau genre de danger auquel seront confrontés ses héros, l’espionnage. Alfred Hitchcock (Sabotage) ou Fritz Lang (Espions sur la Tamise), pour ne citer qu’eux, se fendront aussi d’un film sur ce thème très en vogue. Frank Tuttle adapte le scénario de W.R. Burnett lui-même librement inspiré du roman A Gun for Sale de Graham Greene. Pas d’espion dans le récit de l’écrivain mais toujours la quête de vengeance d’un homme aidé par une femme dont l’ami n’est autre que le policier chargé de traquer le meurtrier.

La réalisation de Tuttle, sans esbroufe, permet aux spectateurs de suivre Raven dans sa quête de vengeance malgré la profusion d’intrigues parallèles, de personnages et de lieux traversés. Et ce sans jamais nous perdre en cours de route grâce à une simplicité bienvenue. Le réalisateur enchaîne les scènes intimistes et mouvementées avec naturel, sans aucun temps mort. Il se permet même quelques scènes d’anthologie comme la course poursuite à travers les voies ferrées ou la fusillade finale. Les scènes plus calmes ne sont pas en reste et on notera deux jolis morceaux chantés par Veronica Lake, agrémentés de tours de magie, ponctuant le récit. Remplacez le tueur à gages par un innocent et vous aurez l’impression de regarder un Hitchcock tant les thèmes convoqués par Tuttle se rapprochent fortement de ceux chers au Maître (La 5ème Colonne).

Côté casting, c’est un sans faute. Tueur à Gages constitue la première apparition du couple Veronica Lake / Alan Ladd. Et à la vision du film on comprend mieux l’engouement des spectateurs pour ce couple si glamour tant l’alchimie entre les deux acteurs est flagrante. Chaque scène commune est comme habitée par leur présence.

Tueur à Gages est le premier film où Alan Ladd est crédité comme tête d’affiche, qu’il partage avec Veronica Lake et Robert Preston. Son personnage de tueur hanté par un passé violent au cours duquel il a été maltraité et laissé « infirme » (un os proéminent sur le poignet gauche) est en tout point remarquable. D’un premier abord froid et cynique, il nous apparaît comme habité d’une certaine humanité, distillée au compte-goutte tout au long du métrage (son amour pour les chats, la fillette qu’il laisse vivre alors qu’il vient d’abattre un témoin gênant…). Il reste cependant habité par une certaine noirceur, n’agissant que dans son propre intérêt, celui de se venger, et n’hésitera pas à tuer un policier et a tenté d’abattre l’ami d’Ellen pour sauver sa peau. Veronica Lake, formidablement mise en valeur par un noir et blanc tout en contraste, incarne avec justesse une jeune fille follement amoureuse d’un homme mais également prête à se mettre en danger pour son pays. Troisième pièce du trio, Robert Preston apparaît, en comparaison de Lake et Ladd, quelque peu fade en policier amoureux mais conscient de sa responsabilité dans la traque du tueur. Un jeu sans trop de nuance (passage quelque peu abrupt, au cours d’une même scène, d’amoureux à policier professionnel par exemple) m’a un peu gêné. Le reste du casting est également d’un très bon niveau au premier rang duquel Laird Cregar impose sa stature et son jeu tout en rupture.

Premier des vingt films proposés dans le Coffret Encyclopédique du Film Noir américain 1912/1960 paru aux éditions Sidonis Calysta, Tueur à Gages place la barre très haute grâce à une réalisation sans faille et des acteurs charismatique débordant de talent.

Fiche Technique :

  • Réalisation : Frank Tuttle
  • Scénario : W.R. Burnett
  • Montage : Archie Marshek
  • Musique : David Buttolph
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Genre : Film Noir
  • Durée : 80 mn

Sidonis Calysta nous propose une très belle copie, sans usure ni tremblement, pour un film vieux de 77 ans. Seule la VF est quelque peu datée mais se laisse écouter avec un certain plaisir nostalgique. Les dialogues sont quant à eux parfaitement clairs.

Pour acquérir le Coffret Encyclopédique du Film Noir américain 1912/1960 : http://sidoniscalysta.com/films-noirs/594-coffret-films-noirs.html

Tueur à Gages est également disponible à l’unité : http://sidoniscalysta.com/home/119-tueur-a-gages.html?search_query=tueur+a+gages&results=55 ou en coffret avec Le Dahlia Bleu : http://sidoniscalysta.com/films-noirs/535-le-dahlia-bleu-tueur-a-gages.html?search_query=tueur+a+gages&results=55

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