Un Justicier dans la Ville 2 (Death Wish 2)

Un Justicier dans la Ville 2 (Death Wish 2)

Synopsis : Suite au viol de son employée de maison et de sa fille suivie du suicide de cette dernière, Paul Kersey entre de nouveau en guerre pour faire payer les voyous qui s’en sont pris à sa famille.

Chronique : Face au succès rencontré par le premier opus, les producteurs de la célèbre Cannon Group, Menahem Golan et Yoram Globus (Paiement Cash, La Nuit des Morts-Vivants version Tom Savini,…) décident de lui donner une suite. Il trouve un terrain d’entente avec Dino de Laurentiis, producteur de Un Justicier dans la Ville puis parviennent à un accord avec l’écrivain Brian Garfield, auteur du roman ayant inspiré le film originel. Loin de vouloir adapter le nouveau roman de ce dernier, les producteurs font appel au scénariste David Engelbach (Over the TopLe Bras de Fer) pour écrire une histoire inédite. Menahem Golan prévoit de réaliser cette suite mais se heurte à Charles Bronson qui menace de ne pas s’associer au projet si Michael Winner n’en est pas le réalisateur. Ayant obtenu gain de cause, les deux hommes se retrouvent à nouveau après Les Collines de la Terreur (Chato’s Land), Le Flingueur (The Mechanic), Le Cercle Noir (The Stone Killer) et enfin Un Justicier dans la Ville (Death Wish). Le casting est complété par Jill Ireland (Cosa Nostra, Le Bagarreur…) mariée à Bronson depuis 1968 et avec qui elle partagera l’affiche à de nombreuses reprises, Vincent Gardenia qui fait son retour dans le rôle de l’inspecteur Frank Ochoa, Laurence Fishburne déjà vu dans Apocalypse Now et le débutant Thomas F. Duffy (Police Fédérale Los Angeles, Les Anges de la Nuit…).

Surfant sur la hausse de la criminalité dans les grandes villes américaines en ce milieu des années 70 et la constitution de groupes de citoyens désireux de défendre leurs biens face aux délinquants, Michael Winner jetait les bases d’un nouveau genre cinématographique qui allait perdurer durant une décennie, le Vigilante Movie. Un Justicier dans la Ville (Death Wish) nous présentait un homme brisé par le décès de sa femme et le viol de sa fille qui prenait les armes pour combattre le crime à New-York. Sa croisade prenait fin avec son départ pour Chicago. Fin ouverte s’il en est puisque Charles Bronson, dans un dernier plan chargé de sens, faisait mine de tirer sur des voyous qui venaient de bousculer une jeune femme. Huit ans plus tard, en 1982, la donne n’a guère changé aux Etats-Unis. les municipalités ont du mal à reprendre la main dans les rues bien que des fonds aient été débloqués pour augmenter les effectifs de police. Il faudra attendre la fin des années 80 voire le début des années 90 pour que la situation ne commence à s’améliorer pour de bon.

Nous retrouvons donc un Paul Kersey installé à Los Angeles entouré de Geri, sa compagne, et de sa fille, Carol qui a enfin quitté l’institut psychiatrique où elle était soignée depuis son agression new-yorkaise. Toujours mutique, elle réapprend tout doucement à revivre. Un tableau idyllique sous le soleil californien qui ne durera que le temps de quelques scènes. La violence reprendra rapidement ses droits sur le métrage sous les traits de criminels ultra violents. Ces derniers, par vengeance après que l’un d’eux ait été rossé par Kersey, vont trouver l’adresse de ce dernier et mener une expédition punitive. L’employée de maison est la première à en subir les conséquences au cours d’un viol collectif particulièrement révoltant dû à la longueur de la scène et au fait que Winner ne détourne à aucun moment ses caméras du supplice enduré par cette femme. Et Michael Winner enfonce encore le clou en filmant l’enlèvement puis le viol par un des membres du gang de Carol pour enfin finir par sa fuite et sa mort, empalée sur une grille. Cette agression, moins longue que celle subie par la servante, n’en est pas moins choquante, Carol arborant tout au long de son calvaire un sourire enfantin à l’adresse de son agresseur rendant la scène ambiguë et encore plus dérangeante.

Paul Kersey reprend donc les armes pour se lancer dans une nouvelle croisade mais la similitude entre les deux films s’arrêtent là. Alors que Paul Kersey combattait le crime dans son ensemble à New-York, il se borne à traquer les assassins de sa servante et de sa fille à Los Angeles. Il y aura bien sûr d’autres voyous qui paieront de leur vie le fait d’avoir croisé la route du justicier mais il ne s’agira là que de dégâts collatéraux, de meurtres commis en état de légitime défense (comme le garde du corps du premier agresseur alors qu’il laisse en vie deux dealers, les complices du second ou les trafiquants d’armes faisant affaire avec le reste de la bande). L’autre différence de taille est le fait que la Police semble approuver les agissements du Justicier, consciente de son inefficacité à enrayer le crime. Contrairement aux policiers de New-York qui cherchaient à l’appréhender avant de lui demander de quitter la ville, le LAPD laisse les coudées franches à Kersey pour mener à bien la mission qu’il s’est fixé. Dépêché sur les lieux par ses supérieurs, le détective Ochoa ira même jusqu’au sacrifice ultime au cours d’une fusillade, en protégeant celui qu’il se devait d’arrêter, allant jusqu’à lui demander dans un dernier souffle de tous les tuer!

Et la psychologie dans tout ça me demanderez-vous? Eh bien, disons que Winner l’a quelque peu laissée sur le bord de la route. Mais à dessein. Un Justicier dans la Ville premier du nom était l’histoire d’un homme réfractaire à l’utilisation des armes à feu et qui finissait par y prendre goût à force d’expériences, positives ou négatives. A la fin du film, nous le laissions en gare de Chicago, souriant, sur de lui, comme transformé. Mais là où la peur le disputait au plaisir dans le premier opus, Paul Kersey ne semble ressentir plus aucune émotion dans ce second volet. Agissant de façon mécanique voire professionnelle, il prend une chambre dans un hôtel miteux sous un faux nom, change de vêtements avant de déambuler dans les rues malfamées de la cité des anges à la recherche de ses proies. A aucun moment, il ne remet en question sa manière d’agir, sa légitimité. Et d’ailleurs, pourquoi le ferait-il puisque la police le laisse faire et que les témoins de ses crimes refusent de donner la moindre indication aux autorités? En contrepoint à ce discours quelque peu réactionnaire, puisqu’il légitime le comportement de Kersey, Winner lui oppose le personnage de Geri. Cette dernière milite pour que la violence soit combattue par le dialogue et l’éducation mais le réalisateur ne lui laisse pas beaucoup de latitude pour s’exprimer, au mieux quelques lignes de dialogues et une interview en début de film immédiatement battue en brèche par les agressions dont seront victimes les proches de Kersey. Cette dernière, découvrant la double identité de celui qu’elle aime et étant dans l’impossibilité d’accepter ses actes, l’abandonne à son sort, celui d’une homme devenu une ombre meurtrière sur la ville.

Doté d’un budget de 2.000.000 de dollars, le film en rapportera 16.000.000 rien que sur le territoire américain et ce malgré la concurrence de Blade Runner, Conan le Barbare (Conan the Barbarian), Dressé pour Tuer (White Dog), E.T l’Extra-Terrestre (E.T. the Extra-Terrestrial), Poltergeist, Rambo, Rocky 3 : L’Oeil du Tigre (Rocky III) ou Tootsie pour ne citer que ceux-là!

Proposant un spectacle jusqu’au-boutiste (d’ailleurs interdit aux -16 ans) avec des scènes de viols choquantes et des morts toujours plus nombreuses, Un Justicier dans la Ville 2 n’en demeure pas moins une réussite formelle grâce à la réalisation efficace et sans temps mort de Michael Winner. Dans le rôle du mutique Paul Kersey, Charles Bronson au visage buriné par les ans est parfait.

Edition Blu-ray :

A l’instar de la très belle édition d’Un Justicier dans la Ville, Sidonis Calysta nous propose le second opus dans une édition toute aussi soignée. La copie, à la définition précise, aux contrastes nets et aux couleurs soignées, est présentée dans une copie de qualité exempte de tous défauts majeurs. Disponibles en VO et VF, les bandes sonores sont de qualité, nettes et précises, avec un plus de puissance pour la version originale. C’est du tout bon.

Côté bonus, Sidonis nous propose deux documentaires, « Sur le tournage d’Un Justicier dans la Ville 2 » d’une durée de 7mn proposant un retour promotionnel sur le film et une courte interview de Jill Ireland et « Death Wish II zéro tolérance censure et autres critiques des films Vigilante » d’une durée de 58mn sur l’accueil du film par les critiques et le public. Et enfin, une bande-annonce d’origine.

A retrouver en dvd ici et en bluray ici

Fiche technique :

  • Réalisation : Michael Winner
  • Scénario : David Engelbach d’après les personnages créés par Brian Garfield
  • Montage : Julian Semilian et Michael Winner (crédité Arnold Crust)
  • Photographie : Thomas Del Ruth et Richard H. Kline
  • Musique originale : Jimmy Page
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Genre : Thriller
  • Durée : 88 minutes
  • Budget : 2 000 000 dollars

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