Un Justicier dans la Ville (Death Wish)

Un Justicier dans la Ville (Death Wish)

Synopsis : Paul Kersey est architecte à New-York où il réside avec sa femme et sa fille. Tout bascule le jour où sa femme se fait tuer et sa fille violer par trois voyous. Excédé par l’incapacité de la police à arrêter les agresseurs, Paul Kersey prend les armes et entre en guerre contre les délinquants.

Chronique : Le 26 octobre dernier sortait chez Sidonis Calysta Un Justicier dans la Ville (Death Wish) de Michael Winner avec Charles Bronson, Hope Lange, Vincent Gardenia et pour la première fois à l’écran Jeff Goldblum.

Années 70. La ville de New-York connait une période particulièrement difficile. Le déclin industriel alors en cours oblige les classes moyennes et supérieures à quitter le centre des grandes métropoles, telle New-York, pour s’installer dans les communes environnantes. Croulant sous les dettes, la municipalité est à l’agonie. Les services de police, comme les autres secteurs de la ville, doivent faire face à des coupes budgétaires et licencier massivement leurs fonctionnaires. C’est la première fois, depuis sa création, que le NYPD (New-York Police Department) connaît une diminution de ses effectifs. Il comportait 38927 policiers en 1970, ils sont 28681 une décennie plus tard. L’appauvrissement de la ville, l’exode des classes moyennes vers les faubourgs, la baisse des effectifs de police et l’apparition du crack, sont autant de facteurs qui contribuent à la dégradation des conditions de la vie à New York. Entre 1970 et 1976, la ville perd 555 000 emplois et 11% de sa population, tandis que sa criminalité augmente de 23%.

C’est durant cette décennie qu’apparaît le Film de vengeance ou Vigilante Movie.

Un an après le choc pétrolier de 1973, Michael Winner dégoupille son Justicier dans la Ville (Death Wish) avec dans le rôle titre Charles Bronson. Il s’agit du quatrième film réunissant les deux hommes après Les Collines de la Terreur (Chato’s Land), Le Flingueur (The Mechanic) et Le Cercle Noir (The Stone Killer). Le scénario est tiré du roman A Déguster Froid (Death Wish) signé Brian Garfield.

Pour traiter du thème de l’auto défense, Michael Winner n’y va pas par quatre chemins. Après nous avoir bien fait comprendre qu’il ne fait pas bon vivre à New-York dans les années 70, il nous assène une scène d’agression et de viol, filmée crûment, dans une lumière blafarde, d’autant plus choquante qu’elle se déroule au domicile des victimes, havre de paix s’il en est.

A compter de ce moment, Michael Winner dresse un état de la société américaine et ses dérives. Police débordée, dépassée et consciente de l’être, hôpitaux surchargés et devenus inhumains…
Paul Kersey (Charles Bronson), initialement objecteur de conscience et réfracteur au recours aux armes, va plonger dans la spirale de la violence et y trouver son compte. Car, à mon sens, Un Justicier dans la Ville n’est pas un film de vengeance. En effet, notre héros ne cherche pas à retrouver les meurtriers de sa femme et les violeurs de sa fille. Son cheminement est plus subtil. Commençant pas « s’armer » d’une chaussette lestée de rouleaux de monnaie pour se défendre, il ne prendra réellement les armes qu’après en avoir reçu une en cadeau. Il se mettra alors « en chasse » attirant les délinquants à lui. Au fur et à mesure qu’il commet ses crimes, Paul Kersey passe d’un sentiment de peur à un sentiment de plaisir jusqu’à ce plan controversé où aidant une jeune fille bousculée par des voyous dans la gare de Chicago il les pointe de son index comme s’il leur tirait dessus. Le tout avec un grand sourire.
La police, même dans ce cas, semble dépasser par les événements et sentant le danger que peut représenter un tel individu (car la population, subissant de plein fouet la hausse de la délinquance est prête à prendre les armes) préfère déplacer le problème en demandant à Kersey de quitter la ville.

Contrairement à ce que prétendent certaines critiques, Charles Bronson n’est pas une erreur de casting. Dustin Hoffman dans Les Chiens de Paille est évidemment plus marquant car ce n’est pas un habitué des rôles de dur à cuire contrairement à ce dernier. Mais cela n’enlève en rien la performance d’un Bronson ambiguë à souhait.

Un très bon film, maître étalon (de par son impact et son succès public) d’un genre toujours sujet à controverse, sans temps mort et à l’interprétation solide.

Edition bluray :

J’ai trouvé l’image vraiment très belle, sans défaut majeur, avec une belle profondeur de champ (la scène sur la plage, par exemple). Niveau audio, c’est du tout bon avec une belle présence de la musique et des dialogues audibles et clairs.

En guise de bonus, Sidonis Calysta nous gâte avec un livre signé Marc Toullec, un documentaire sur Charles Bronson et une bande-annonce, François Guérif se chargeant pour sa part de la présentation du film. Le Mediabook, quant à lui, est de très bonne qualité.

Un Justicier dans la Ville est à retrouver ici.

Bande-annonce

Fiche technique

  • Réalisateur : Michael Winner
  • Scénario : Wendell Mayes d’après un roman de Brian Garfield
  • Musique : Herbie Hancock
  • Photographie : Arthur J. Ornitz
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Genre : Thriller
  • Format : Couleur
  • Durée : 93 mn
  • Date : 1974

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