Un Pacte avec le Diable (Alias Nick Beal)

Un Pacte avec le Diable (Alias Nick Beal)

Synopsis : Joseph Foster, district attorney honnête et droit, rencontre les pires difficultés à mettre hors d’état de nuire le parrain de la pègre locale. Apparaît alors un mystérieux individu, Nick Beal, qui lui promet de l’aider dans sa tâche en échange de quelques menus services. Une fois le gangster sous les verrous, Nick Beal se fait de plus envahissant…

Critique : John Farrow est un réalisateur et scénariste américain à la production éclectique. Véritable touche-à-tout, il s’attaquera au western (Hondo, l’Homme du Désert avec John Wayne), à la comédie musicale (L’Ange Endiablé avec Victor Mature), au film d’aventures (Le Tour du Monde en 80 Jours avec David Niven) et donc au Film Noir avec Un Pacte avec le Diable. Pour l’anecdote, il est le père de Mia Farrow (Rosemary’s Baby) et Tisa Farrow (L’Enfer des Zombies).

Sur un scénario de Jonathan Latimer (il signera de nombreux scénarios pour John Farrow), d’après une histoire de Mindret Lord, John Farrow nous décrit dans le détail l’ascension en politique d’un homme de loi honnête, épris de justice. A un détail prêt. L’action qui lui permet de démarrer une nouvelle carrière est construite sur un mensonge. Aveuglé par son désir d’en finir avec la criminalité qui règne dans sa ville, il devient lui-même criminel en produisant des pièces à conviction, qu’il a obtenu illégalement, dans le procès de l’homme qu’il cherche à faire tomber. Rongé par la culpabilité, il sera rassuré et guidé au cours de sa nouvelle entreprise par celui-là même qui est à l’origine des fameuses pièces à conviction. Se voilant la face sur les origines mystérieuses de l’homme qui semble toujours arriver à point nommé et le servir sans rien demander en retour, du moins au début, il tentera à plusieurs reprises de se défaire de l’emprise de Nick Beal. Mais ce dernier, manœuvrant parfaitement sa victime, arrivera toujours à obtenir de Foster qu’il fasse ce qu’il lui intime de faire. Seule la femme de ce dernier, intuition féminine oblige, comprendra la nature malfaisante de Nick Beal et tentera de faire entendre raison à son mari. Encore une fois, Nick Beal contrera son adversaire en faisant entrer dans le jeu une femme, prostituée, qu’il chargera de séduire notre district attorney.

Mais qui est donc ce Nick Beal? Son apparition au milieu d’un port noyé dans le brouillard laisse immédiatement planer comme un goût de surnaturel. La suite ne démentira pas notre première impression. Ses apparitions surprises dans n’importe quel lieu et ses capacités à en partir en « s’évaporant », ses facultés à prédire l’avenir, son refus systématique d’être touché et la gêne qu’il éprouve lorsqu’il se retrouve en présence du pasteur ou de la Bible nous laissent penser que nous sommes en présence d’un être démoniaque. Cette sensation sera confirmée lorsqu’il fera signer un contrat, un pacte, à Foster dans lequel il prétend placer des hommes à lui sans quoi ce dernier devra l’accompagner sur l’île de Las Almas Perdidas (l’île des âmes perdues). Autre indice important, « Old Nick » est le surnom du Diable en Angleterre… Pour ce faire, il manœuvre dans l’ombre, prenant des décisions importantes en lieu et place de Foster tout en les lui attribuant pour placer ce dernier dans une position délicate l’obligeant ainsi à toujours devoir compter sur lui et de ce fait augmenter son emprise.

Ray Milland (La Falaise Mystérieuse) apporte sa classe et son charisme à ce rôle définitivement marquant. Tour à tour charmeur et menaçant, il habite de sa présence chaque scène. L’éclairage, principalement dirigé sur son visage, et en particulier sur ses yeux, font magnifiquement ressortir son regard pénétrant. Face à lui dans un rôle tout en nuance, Thomas Mitchell  (La Chevauchée Fantastique) est parfait dans son rôle d’homme tiraillé entre son désir de réussite et la ligne de conduite qu’il s’est fixée. Audrey Totter (Donna), vue dans Le Facteur Sonne Toujours Deux Fois, et Geraldine Wall (la femme de Foster) sont parfaites dans le rôle de femmes qui finiront pas s’opposer au Mal.

Quelle formidable mélange de genre! Associant Film Noir et Fantastique, John Farrow adapte à sa façon le mythe de Faust. Doté d’une réalisation au cordeau, ne souffrant d’aucun temps mort, magnifiquement photographié à la limite de l’expressionnisme, jouissant d’une interprétation sans faille, Un Pacte avec le Diable est une incontestable réussite.

Edition dvd :

Pour ce huitième film du coffret Film Noir, l’éditeur Sidonis Calysta nous présente le film dans une belle copie ne souffrant d’aucun défaut majeur. Les dialogues en VOST-F sont parfaitement audibles et l’ambiance générale bien présente.

Côté bonus, nous retrouvons les présentations de Bertrand Tavernier, François Guérif et Patrick Brion ainsi que la version radiophonique du film.

Fiche Technique :

  • Réalisateur : John Farrow
  • Scénario : Jonathan Latimer
  • Montage : Eda Warren
  • Musique : Franz Waxman
  • Pays d’origine : Etats-Unis
  • Genre : Film Noir
  • Durée : 93 mn

Un Pacte avec le Diable est uniquement disponible au sein du coffret dédié au Film Noir : http://sidoniscalysta.com/films-noirs/594-coffret-films-noirs.html

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :