Une Femme Disparaît (Lady Vanishes)

Une Femme Disparaît (Lady Vanishes)

Synopsis : En Bandrika, un pays imaginaire, Iris Henderson (Margaret Lockwood) retrouve dans le train qui les ramènent en Angleterre miss Froy (Dame May Whitty), une vieille dame dont elle a fait la connaissance la veille à l’hôtel. Au cours du voyage, miss Froy disparaît mystérieusement.

Critique : 1938. Alfred Hitchcock réalise ici son avant dernier film britannique avant de partir pour les États-Unis signer chez David O. Selznick. Il reviendra en Angleterre afin d’honorer son contrat qui le lie encore à la Mayflower en réalisant un dernier long métrage, La Taverne de la Jamaïque.

Il décide d’adapter le roman d’Ethel Lina White, The Wheel Spins. Il sera assister dans son entreprise par Roy Ward Baker à qui l’on devra quelques années plus tard Atlantique, Latitude 41°, Les Monstres de l’Espace ou Les cicatrices de Dracula.

Curieux film que Une Femme disparaît. Hitchcock n’obéit à aucun code et divise son film en trois parties.

  • Le film commence comme un vaudeville où les personnages, bloqués dans un chalet par une avalanche, font connaissance au travers de situations plus cocasses les unes que les autres. Nous découvrons ainsi Miss Froy, gentille vieille dame habituée de la région; Iris Henderson, jeune femme devant se rendre à Londres pour se marier à un homme dont elle n’est pas sure d’être amoureuse; Gilbert Redmann, musicien et sans-gêne; deux hommes devant se rendre à un match de foot à Londres (dont on ne saura pas ce qui les unit, mais c’est tendancieux); un couple illégitime où l’homme refuse de s’engager de peur du scandale.
  • Puis le récit oblique vers le suspense lorsque Iris, après un malaise, constate que Miss Froy a disparu. La tension augmente alors au fur et à mesure qu’Iris, interrogeant les passagers, constate que personne ne semble connaître Miss Froy. Gilbert Redmann lui viendra en aide, sans la croire, ainsi que le docteur Egon hartz, chargé de récupérer une patiente sur le trajet. On en vient à douter de la santé mentale de son personnage, frappé à la tête plus tôt dans le film et sujet aux évanouissement. Le docteur le suggère lui-même, instillant le doute dans l’esprit d’Iris et de Gilbert.
  • Puis tout bascule dans le l’espionnage le plus pur, lorsque Gilbert Redmann, par hasard, obtient la preuve qui prouve les dires de Iris. A partir de ce moment-là, tout s’accélère et les masque tombent. C’est là que Hitchcock nous dégaine son MacGuffin censé expliquer les agissements des différents protagonistes. Tout finira heureusement bien, les tourtereaux tomberont dans les bras l’un de l’autre et la Nation sera sauvée, au moins pour un temps.

Hitchcock semble s’être amusé à tourner cette aventure ferroviaire. La quasi intégralité du film se déroule à bord du train, reconstitué en studio sur un plateau d’une petite trentaine de mètres. La maîtrise de l’espace est parfaite. L’utilisation de transparences, films ou maquettes est très intelligente. Le premier plan du film en est la parfaite illustration et témoigne d’un vrai savoir-faire eu égard à l’âge du film.

Ce qui est le plus étonnant est le nombre d’incohérences, facilités, qui parsèment le film (l’inscription sur la vitre du wagon restaurant, le papier du sachet de thé, l’évasion du magicien italien, le changement d’attitude de la « nonne »…). Le scénario n’est clairement pas la priorité du Maître qui semble s’être plus penché sur la gageure que représente la difficulté de tourner en lieu clos.

Malgré cela, Une Femme disparaît reste un divertissement très plaisant à suivre.

Il est à noter qu’Anthony Page réalisera un remake en 1979 avec Eliott Gould , Cybill Sheperd et Angela Landsbury

Fiche Technique :

  • Réalisation : Alfred Hitchcock
  • Scénario : Alma Reville (Mme Hitchcock), Sidney Gilliat et Frank Launder
  • Montage : R.E. Dearing
  • Pays d’origine : Royaume-Uni
  • Genre : Espionnage
  • Durée : 96 mn

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