Wolfen

Wolfen

Synopsis : New-York. Une vague de crimes ensanglante la grande métropole n’épargnant ni les riches ni les pauvres. Tout semble ramener l’inspecteur Dewey Wilson et sa collègue, Rebecca Neff, à un vieux quartier en passe d’être rasé.

Critique : Né en 1945 à San Antonio, Texas, Whitley Strieber s’installe à New-York en 1968 où il travaille pour plusieurs entreprises publicitaires avant de se lancer dans l’écriture. En 1978, paraît The Wolfen puis en 1981 The Hunger avant d’asseoir définitivement sa réputation avec Communion, récit de son prétendu enlèvement pas les extraterrestres. Le roman The Wolfen est publié aux éditions J’ai Lu en 1982 sous le titre Wolfen, Dieu ou diable.

Devant le succès rencontré par le roman, la Warner Bros décide d’en acquérir les droits et d’en confier la réalisation à Michael Wadleigh. Choix audacieux s’il en est puisqu’il s’agit là du seul film de fiction que réalisera ce dernier, lui qui est plus versé dans le documentaire musical (Woodstock en 1970, Woodstock The Lost Performance en 1990 et enfin Jimi Hendrix : Live at Woodstock en 1999). Le script est confié à David Eyre et Eric Roth qui ne sera pas crédité au générique. Michael Wadleigh, très impliqué dans le projet, participe également à l’écriture du scénario. Preuve supplémentaire du réel intérêt du réalisateur pour son film, il écarte Dustin Hoffman du casting de Wolfen pour imposer le moins bankable Albert Finney (Le Crime de L’Orient Express, Les Duellistes…). Le film sera distribué par Orion Pictures pour le compte de la Warner.

Réalisé en 1981, lors du nouvel essor du loup-garou au cinéma avec des titres comme Hurlements de Joe Dante et Le Loup-Garou de Londres de John Landis, Wolfen est la parfaite combinaison entre le film d’horreur et le néo-noir. En effet, Wadleigh utilise des lieux emblématiques de la ville de New-York, du haut du pont de Manhattan au no man’s land du Bronx alors en pleine restructuration. Les scènes, macabres, tournées à la morgue de la ville et dans le bureau du médecin légiste sont d’une effroyable crédibilité. S’inspirant d’Halloween de John Carpenter, Wadleigh utilise de façon très efficace la caméra SteadiCam associée aux techniques de thermographie pour simuler la vision des loups, plaçant ainsi le spectateur à la place de ces derniers. Mais l’image la plus terrifiante du film reste cette église dévastée au milieu d’un champ de ruine bordé d’immeubles abandonnés. Cette vision exprime à elle seule les préoccupations de la population urbaine des années 1980, sortant tout juste d’une décennie compliquée faite de krach boursier et de très forte hausse de la délinquance. La ville est devenue une jungle où les forces de l’ordre combattent de véritables prédateurs déchaînés.

L’enquête policière prend très vite une tournure fantastique avec dans un premier temps l’ajout d’un message écologique asséné par des indiens d’Amérique devenu les exclus d’une société fondée sur les cendres de leur terre natale les forçant à se créer de nouveaux territoires. Mais une fois de plus, les voilà chassés par les rêves d’extensions de riches propriétaires terriens, les renvoyant au temps de la conquête de l’Ouest. Puis, dans un second temps, Wadleigh laisse les loups, incarnations sur Terre de divinités indiennes, reprendre le contrôle d’une ville désormais déserte en éliminant les ennemis de leur Peuple. Les attaques sont particulièrement impressionnantes en grande partie grâce à un travail d’éducation canine de très grande qualité. Le réalisateur, loin de tout effet facile, sait faire monter la tension chez le spectateur, gère admirablement le suspense né de scènes particulièrement anxiogènes.

Albert Finney incarne avec talent un inspecteur vétéran de la police new-yorkaise quelque peu en marge de sa corporation, très peu respectueux de sa hiérarchie et n’hésitant pas à se confronter à ses suspects mais toujours avec humanité. Sa partenaire à l’écran, Diane Venora (Cotton Club, Heat…), apporte un peu de fraîcheur dans un environnement qui se veut glauque en incarnant une psychologue évidemment en opposition avec son collègue avant de faire front à ses côtés. Deux autres acteurs sortent leur épingle du jeu. Edward James Olmos (Blade Runner) en Native farouchement opposé à tous ceux qui s’en prennent à son peuple et Gregory Hines (Cotton Club, Soleil de Nuit…) en médecin légiste sympathique mais au final sacrifié.

Wolfen est un excellent exemple d’horror-noir, son thème du loup-garou, ici finalement détourné, se mariant parfaitement avec le thriller et son cortège de techniques policières dans un cadre urbain obsédant.

Edition dvd :

Fiche technique :

  • Réalisation : Michael Wadleigh
  • Scénario : Michael Wadleigh, David Eyre et Eric Roth
  • Musique : James Horner
  • Photographie : Gerry Fisher
  • Montage : Chris Lebenzon, Dennis Dolan, Martin J. Bram et Marshall M. Borden
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Horror-noir
  • Durée : 115 mn

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :